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A l'heure ou notre amie Martine fait sa première rencontre sous épicéas en forêt de Hez-Froidmont , avec ce curieux Clitocybe renommé Rhizocybe vermicularis... nous saisissons cette bonne occasion de réviser ce délicat dossier.

Sous-Genre Clitocybe (= Infundibuliformis (Fr.) Bigelow)) : Revêtement mat. Lames décurrentes. Chap.en entonnoir. Espèces moyennes.

section VERNAE Sing. : Espèces vernales ou précoces à stipe souvent fortement rhizoïdique et silhouettes intermédiaires entre Infundibuliformes et Disciformes. Couleurs + - brunes ou rousseâtres et pigment intracellulaire dominant.

  • Flore Analytique (K.- R.) : Espèces ne venant qu'en hiver ou au printemps, surtout sous les conifères, à chapeau petit (4-6 cm maximum)
    à stipe présentant des radicelles mycéliennes remarquables qui enrobent les aiguilles.
    Lames pas très décurrentes
    Spores étroites x 2,5-3-(4)µm


Assez rare  C. paropsis, C. vermicularis, C. radicellata (pruinosa) -voir clé in Flore Analytique de K et R ou DMHS4 de Bon
Sac de noeuds (imbroglio des interprétations Friesiennes) :  verna est un pruinosa à spores plus petites, radicellata est plus rhizoïdique comme rhizophora (synonyme?); Seul un consensus peut nous sortir de la confusion.

DMHS 4_p50Bon in DMHS4

DMHS 4_p51

  • Doc. Mycol. Hors-Série no. 4 de Marcel Bon
  1. Rev. +- pruineux. Chap. 4-6 cm, plan convexe à +- déprimé, à revêtement pruineux au début ou vers la marge, +- fibrilleux ailleurs ou avec l'âge, parfois rivuleux à la fin, brun rousseâtre à grisâtre en séchant. Lames pentues, assez serrées, blanchâtres à beiges. Stipe 3-5 x 0,3-0,5 cm, vite creux ou cartilagineux, légèrement pruineux, subconcolore. Chair pâle à subconcolore en surface.
    Spores 5-6 x 2,5-3,5 µm, elliptiques. Suprapellis banal (cutis) à rares extrémités libres x  3-5 µm, fourchues à subdiverticulées et pigment vacuolaire pratiquement strict. Conifères, surtout pins. Icon. : Cetto 612........ Clitocybe pruinosa (Lasch in Fr.) Kumm.   = C. radicellata ss K. & R. etc. = verna pp.
    Clitocybe radicellata Cetto 612
    Notes: au sens strict de Fries l'espèce serait pratiquement hivernale, à la fin rev. pruineux et hygrophane, comme le groupe vibecina qui diffère par son odeur farineuse.

  2. Rev. glabre et spore inférieure à 5 µm.
    Odeur nulle ou banale. Chap. 4-6 cm, déprimé ou irrégulier, à marge flexueuse et à rev. glabre, brun chocolat. Lames serrées, étroites et décurrentes, pâles. Stipe 3-4 x 0,5-0,7 cm, un peu clavé ou subbulbeux, pâle et glabre. Chair subconcolore ou plus pâle. Spores 3-4 x 2-2,5 µm. Basides courtes, <20 µm. Suprapellis en cutis banal. Acicole précoce........ Clitocybe paropsis (Fr.) Sacc. ss Rick., M.H non al.

  3. Odeur +- fruitée, herbacée ou aromatique....Chap. 2-4 cm, convexe à ombiliqué.Clitocybe vermicularis (Fr.) Quél.

    Synonymes:

C. rhizophora ss. auct. p.p., non Joss.
Clitocybe vermicularis (Fr.) Quél. 1872, ( Rhizocybe vermicularis); Agaricales
Clitocybe vermicularis f. cystidiosa Kauffman 1928, ( Rhizocybe vermicularis); Agaricales
Clitocybe vermicularis f. vermicularis (Fr.) Quél. 1872; Tricholomataceae
Clitocybe vermicularis subsp. americana H.E. Bigelow 1982, ( Rhizocybe vermicularis); Agaricales
Clitocybe vermicularis subsp. vermicularis (Fr.) Quél. 1872; Tricholomataceae
nom actuel : Rhizocybe vermicularis (Fr.) Vizzini, P. Alvarado, G. Moreno & Consiglio, in Alvarado, Moreno, Vizzini, Consiglio, Manjón & Setti, Mycologia 107(1): 132 (2015)
DMHS 4:51, CD 282;
* DD 138=199; MH 3.174; Cet 155; Bres 171; Md 129 ? BK

Clitocybe rhizophora Marchand 129

Marchand, André - Champignons du Nord et du Midi vol. 2

 Marcel Bon, dans ses fameux Documents Mycologiques Hors Série no. 4, ne mentionne pas l'icone de Marchand, mais celle de Cetto ci-dessous, pourtant fort semblable.

Clitocybe vermicularis Cetto 155Cetto, Bruno - I Funghi dal Vero, devrait être renommée, nous dit Bon.

Martine a déniché l'article de Marcel Josserand sur la toile
https://www.persee.fr/doc/linly_0366-1326_1954_num_23_1_7619

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«CLITOCYBE RHIZOPHORA » AU SENS DES AUTEURS FRANÇAIS N'EST PAS L'ESPECE DE VELENOVSKY ET DOIT CHANGER DE NOM

 par M. Josserand et A. Pouchet.

 On sait qu'il existe deux espèces de Clitocybes croissant en hiver et au printemps, sans aucun doute distinctes, quoique de position taxo-nomique extrêmement voisine. Ces deux champignons ont à peu près tous leurs caractères en commun, notamment des cordonnets radicelliformes à la base du pied, mais leur couleur diffère ; l'un a une teinte roussâtre-incarnat, c'est Clitocybe vermicularis, alors que l'autre est d'un brun gris. Dans un article commun 1, nous avions décrit cette dernière sous le nom de Collybia rhizophora Vel. ; plus exactement, sous celui de Clitocybe rhizophora (Vel.) Joss. et Pouchet car, dans la note susdite, nous avions transféré l'espèce du genre Collybia au genre Clitocybe .

 A la suite de notre étude, la plupart des mycologues voulurent bien accepter nos conclusions ainsi que le nom que nous avions adopté, nom dont nous dirons plus loin les solides raisons que nous avions de le tenir pour exact. C'est ainsi que Singer, Konrad et Maublanc, J. Favre et C. Poluzzi, etc., mentionnèrent l'espèce brun-gris sous ce nom de Clitocybe rhizophora.

 Un certain nombre d'années plus tard, cependant, des voix discordantes s'élevèrent et précisément de Tchécoslovaquie, pays de Velenovsky, ce qui était assez troublant. Pilât, par exemple, dans son Klíč, indique que le vrai C. rhizophora, celui de Velenovsky, n'était pas ce que nous avions nommé ainsi mais bien... C. vermicularis ! Quant à «notre» rhizophora, auquel on 'ne pouvait évidemment plus laisser ce nom s'il était vrai qu'il ne correspondait pas à la plante de Velenovsky, il le connaît également et pense. qu'il doit être nommé Clitocybe pruinosa Charvât, autre mycologue tchèque, adopta la même position2, ce qui amena tout un échange de correspondance entre lui et l'un de nous.

 Nous ne savions trop comment dégager la vérité. En effet, il était difficile d'échanger les deux plantes («notre » rhizophora et celui des Tchèques) à l'état frais. D'autre part, un échange d'exsiccata ne semblait rien pouvoir donner, du fait que ces deux espèces se distinguent surtout par leur couleur ; elles ont une anatomie extrêmement pauvre et paraissant tout à fait superposable. L'un de nous, pourtant, s'étant avisé d'examiner en série toutes les récoltes contenues dans son herbier et correspondant, les unes à C. vermicularis, les autres à «notre » rhizophora, il s'aperçut qu'elles s'ordonnaient en deux groupes tout à fait homogènes mais bien distincts l'un de l'autre par la teinte. La couleur

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1. M. Josserand et A. Pouchet. Note sur une Agaricacée tchécoslovaque récoltée dans la région lyonnaise, Collybia rhizophora Vel. Bull, bimensuel de la Soc. Linn. de Lyon, N° du 12-4-1931.

2. Ivan -Charvât, Strmelka ojinena — Clitocybe pruinosa (Lasch) Fr. Ceskâ mykologie,'N° 1 1953, p. 13, avec 2 photos et une planche en couleur.

N. B. Nous avons fait de notre mieux pour extraire le sens des articles de nos collègues tchèques mais leur langue nous est peu accessible et trop souvent, leurs études ne sont accompagnées d'aucun résumé dans une langue à large diffusion, ce qui en limite regrettablement l'utilisation et introduit quelques risques d'erreur.


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n'était plus, certes, celle des champignons vivants, mais la différence de ton entre les deux espèces s'était parfaitement maintenue en herbier. Il y avait donc là un moyen de trancher la question en cherchant dans laquelle de ces deux séries s'insérait la plante tchèque. Remarquons en passant qu'on a tort de croire que les exsiccata ne peuvent fournir que des indications microscopiques. Il nous est arrivé bien souvent de constater que les champignons séchés, pour modifiés qu'ils sont à beaucoup d'égards, conservent une allure générale, et singulièrement une couleur, tout à fait constante chez une espèce donnée. C'est là une utilisation des exsiccata dont les mycologues ne tirent peut-être pas assez parti. Ce serait, s'il en était besoin, un argument de plus en faveur de la constitution d'herbiers et d'herbiers contenant non de petits fragments mais des sujets séchés entiers ou, tout au plus, refendus en deux. Mais revenons à nos Clitocybes.

Nous avons d'abord envoyé «notre » rhizophora à Charvât. Bien, que parti à l'état frais, il arriva assez desséché. Néanmoins, Charvât put y reconnaître le Clitocybe pruinosa des mycologues tchèques.

La contre-épreuve : nous priâmes Charvât de nous adresser à son tour ce pruinosa tchèque afin de le comparer à «notre » rhizophora et de nous assurer qu'il lui était bien conspécifique. Charvât ne put nous l'envoyer à l'état frais mais nous le fit parvenir sous forme d'exsiccatum et, en le comparant aux deux séries de l'herbier de l'un de nous (voir plus haut), nous vîmes aussitôt qu'il se rangeait indiscutablement dans celle de «nos » rhizophora.

Un premier point était donc aquis : l'identité de ce que nous nommions C. rhizophora — et que, dans le présent article, nous désignons comme «notre » rhizophora — et du Clitocybe pruinosa des Tchèques.

Restait à établir que le rhizophora authentique, celui de Velenovsky, était quelque chose de différent et correspondait bien à C. vermicularis, comme le pensaient Pilât, Charvât, etc. Charvât, de nouveau mis à contribution et que nous sommes heureux de remercier ici pour l'aide qu'il nous apporta, voulut bien nous adresser un exsiccatum du Collybia rhizophora de Velenovsky, récolté en mai 1914 par Velenovsky lui-même et déterminé par lui. Aucun doute : c'était, cette fois, avec la série de nos vermicularis que s'apparentaient ces échantillons. Les mycologues tchèques avaient donc raison sur toute la ligne, ce à quoi on pouvait d'ailleurs s'attendre car, mieux que quiconque, ils devaient connaître la tradition velenovskienne. On pouvait écrire : Collybia rhizophora Vel. = Clitocybe vermicularis auct. plur.

    Nous avions donc erré en nommant notre plante rhizophora. Sommes-nous sans excuses ? Voici les raisons qui nous avaient amenés à adopter ce nom. Tout d'abord, la description de Collybia rhizophora, telle qu'elle se trouve dans les Ceské Houby, attribue au chapeau la couleur «neïistë hnédavy», ce qui signifie «brunâtre sale» et non pas roussâtre, moins encore roussâtre-incarnat. Elle convient indiscutablement mieux à «notre » rhizophora qu'à C. vermicularis auquel elle ne convient même pas du tout. Cette définition de la couleur du chapeau suffisait à elle seule à nous empêcher de penser que c'était vermicularis que Velenovsky avait en main lorsqu'il rédigea la description de son Collybia rhizophora. De l'utilité de bien peser ses mots quand on décrit 


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une espèce et surtout une espèce nouvelle — ou qu'on croit telle ! Mais ce n'est pas tout : nous avions, à l'époque de notre premier article, envoyé notre plante vivante à Velenovsky et il nous répondit qu'effectivement, il s'agissait bien de son C. rhizophora (in litt., décembre 1928) ; Orientés par la description originale, confirmés par le père et créateur de l'espèce, il nous était permis de nous croire dans le vrai, état d'esprit dont nous reconnaissons que les mycologues devraient se l'interdire. Sans doute, Velenovsky n'avait-il pas, à la réception de notre envoi, attaché suffisamment d'importance à la couleur de notre plante ; ou, peut-être, celle-ci s'était-elle modifiée en cours de transit...

    Toujours est-il que, maintenant, la situation est claire. Claire, du moins, en ce qui concerne les équivalences entre les désignations des mycologues tchèques et les nôtres. Mais il reste à choisir les noms qu'il convient d'appliquer à nos deux plantes.

    Pour la plante vernale, à chapeau de teinte relativement gaie, roussâtre-incarnat, aucune difficulté, l'accord est à peu près unanime : Clitocybe vermicularis et l'on peut ajouter : syn. Collybia rhizophora Vel. (non sensu Joss. et Pouchet, nec auct. plur.) 3.

    Pour la seconde, celle qui est brun-gris et pousse plus volontiers de la fin de l'automne à la fin de l'hiver, qui, donc, devance vermicularis malgré quelque recouvrement dans la partie extrême de leurs époques de croissance respectives, il est impossible de lui conserver le nom de rhizophora que nous lui avions appliqué puisque ce dernier est un synonyme pur et simple de vermicularis et, à ce titre, doit disparaître de façon définitive.

    La nommer pruinosa comme le font les mycologues tchèques ? Ici, nous divergeons très nettement d'avec eux. Nous ne voyons, en effet, rien qui puisse justifier l'emploi de ce nom. Ouvrons Fries. Cet auteur (Hymenomycetes Europaei ) met son pruinosa dans la «Série B » dont les espèces sont caractérisées par leur chapeau «vere hygrophanus » ; or, notre espèce ne l'est pas ou ne l'est que très peu. A l'intérieur de cette «Série B », il le classe dans les Cyathiformes, donc dans le même groupe que C. cyathiformis, C. suaveolens, C. brumalis, etc., eux terriblement hygrophanes en effet. Après sa description de Ag. pruinosus, Fries ajoute : «Similis A. cyathiformi sed Hydrogrammis forte pro-pior», ce qui est aussi peu satisfaisant que possible. De plus, il ne
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3. Nous dirons que l'accord est «à peu près» unanime. En effet, il manque celui... de Fries lui-même qui le refuserait' probablement avec véhémence si on pouvait l'interroger. Il suffit de lire les textes de cet auteur pour constater des discordances sérieuses et multiples entre les caractères qu'il énumère pour son vermicularis et ceux du champignon auquel, aujourd'hui, on donne communément ce nom. Il est probable que si Velenovsky, quand il l'eut en main, forgea pour lui le nom de Collybia rhizophora, c'est que, comme nous-mêmes, il constata que la description de Fries ne lui convenait pas. La logique voudrait peut-être que l'on débaptisât ce qui, pour tout le monde, est Clitocybe vermicularis et qu'on conservât pour cette plante le nom de rhizophora , mais nous croyons fermement que, quand une tradition, même contestable, s'est établie largement et depuis longtemps, il ne faut pas la renverser sous prétexte qu'elle constitue sans doute une erreur du point de vue friesien. Les mycologues modernes se sont entendus sur ce qu'ils nomment vermicularis. La plante est bien connue ; elle est bien décrite, bien figurée. Cela est l'essentiel. Un perpétuel remaniement des désignations est un des fléaux de la mycologie. Veuille bien Fries nous pardonner cette désinvolture toute pragmatique ! 


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dit rien des rhizomorphes. Enfin, dans ses Icônes selectae, il donne de A. pruinosus une diagnose dont le premier mot est «Hygrophanus ».

    Non, vraiment, rien n'autorise à nommer notre plante Clitocybe pruinosa au sens de Fries.

    Ce qui pousse encore à rejeter ce nom — et cet argument nous a été fourni par notre excellent ami, M. J. Favre, de Genève — c'est qu'il paraît bien, à lire Fries, que son pruinosa est un peu différent de celui de Lasch, créateur du nom. Et ce pruinosa Laseh, qui dira avec quelque certitude à quelle plante il correspondait ? Dans l'article où nous avons étudié et décrit notre champignon sous le nom de rhizophora, nous avons bien, nous-mêmes, envisagé de l'étiqueter pruinosa, mais après discussion et justement pour les raisons que nous venons de rappeler ici, nous avons dit que cette désignation nous semblait inacceptable et elle nous paraît encore telle aujourd'hui.

    Trop de ces noms anciens, interprétés de trois ou quatre manières, justement parce qu'ininterprétables, encombrent aujourd'hui la littérature et nous croyons qu'il faut, chaque fois que c'est possible, les laisser dormir pieusement et faire appel à des désignations plus récentes et plus sûres. Nous ne raisonnerions pas ainsi si une tradition très généralement reçue avait imposé à pruinosa le sens que lui donnent les auteurs tchèques (voir plus haut, en note infra-paginale, la position que nous adoptons à propos de C. vermicularis) , mais ce n'est pas du tout le cas ici ; il y a loin d'y avoir consensus à propos de pruinosa et ce nom demeure assez énigmatique.

    Serons-nous donc acculés à fabriquer un nom nouveau ? N'en existe-t-il pas un, moderne, convenant à notre espèce de façon non douteuse ? Il en existe deux.

    Il en existe deux mais, sur ces deux, il en est un que nous récusons, c'est Clitocybe radicellata Gillet. Il nous paraît bien probable qu'il correspond à notre espèce mais nous ne le retiendrons cependant pas car la description est mauvaise. Elle correspond à un aspect tout à fait exceptionnel de l'espèce. Le chapeau en est dit «brun purpurascent » ce qui ne peut qu'induire en erreur car, après d'innombrables récoltes, nous pensons pouvoir dire que cette teinte n'est pas présente une fois sur cent et probablement quand le carpophore commence à s'altérer, tout au moins quand il entre dans la phase de la franche sénilité. On peut, évidemment, avec un coup de pouce, somme toute assez discret, amener la description de Gillet à cadrer avec l'aspect normal de notre champignon et conserver ce nom. C'est la position adoptée par V. Piane 4 et, tout récemment, par R. Kùhner et H. Romagnesi, dans leur Flore analytique, à peine née et déjà classique. Nous nous y serions résignés sans doute, quoique assez à contre-cœur et seulement pour éviter un nom nouveau, si une autre solution ne s'était heureusement offerte : nous avons sous la main un autre nom, postérieur de beaucoup à celui de Gillet, ce qui ne nous gênera pas un instant — malgré les lois de la nomenclature, beaucoup trop rigides on le sait — tout à fait excellent car il lui correspond une description détaillée et ne laissant place à

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4. V. Piane. Clitocybe radicellata Gillet. Bull. Sté dès Naturalistes d'Oyonnax, N° 6. 1952, p. 75, avec une planche en couleur du Dr Meneault.


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aucun doute : Clitocybe verna Egeland in Seth Lundell 5. Ce binôme convient exactement à notre espèce ; on la reconnaît immédiatement, sans avoir à s'aventurer dans le maquis de l'exégèse ou à faire des concessions à la description, comme c'est le cas avec le C. radicellata de Gillet. L'auteur prend soin de comparer sa plante à C. vermicularis, d'indiquer par quel caractère (la teinte) elle en diffère essentiellement. Les rhizomorphes sont mentionnés. Tout cadre parfaitement. Ajoutons que nos amis tchèques et d'autres mycologues encore ont déjà indiqué que ce C. verna était «notre » rhizophora. Nous n'innovons donc pas ; nous nous contentons de donner à ce nom spécifique valeur de désignation, alors qu'il était considéré comme simple synonyme. 

Résumé.

    Toutes ces considérations peuvent se traduire et se résumer ainsi :

1°. L'espèce qui croît au printemps (du moins dans nos régions), à chapeau roussâtre-incarnat, doit se nommer Clitocybe vermicularis auct. (syn. Collybia rhizophora Vel. sed non Clitocybe rhizophora sensu Joss. et Pouchet, nec auct. plur.).

2°. L'espèce plutôt hivernale, à chapeau plus triste, plus brun gris, ne doit plus porter le nom de Clitocybe rhizophora (Vel.) nob. que nous lui avions donné à tort ; elle doit se nommer Clitocybe verna Egeland in Seth Lundell (syn. Clitocybe radicellata Gillet ; syn. Clitocybe rhizophora sensu Joss. et Pouchet sed non Collybia rhizophora Vel. ; syn. Clitocybe pruinosa sensu Pilât, Charvât, non Fries).

Lyon, septembre 1953.


 

Enfin, on ne peut passer sous silence l' excellent dossier de Sylviane & Jean-Marc Moingeon

 

 
-----  récoltes problématiques sur M E ------

Je sollicite votre aide pour une récolte effectuée en Juillet 2005 dans le Cantal, près de Chaudes-Aigues, à une altitude de +/- 1100 mètres, sous conifères. Les champignons ont un aspect de Lentinellus, mais poussaient à même le sol, dans les aiguilles (voir photo). Le pied est légèrement excentrique et le chapeau est irrégulier. La sporée est blanc-crème et non amyloides. Les spores sont très petites, de l'ordre de 3,5 x 2,2 µm. Boucles abondantes.
Je connais très mal le genre Lentinellus, mais selon la clé de Pierre-Arthur Moreau et Pierre Roux, la croissance terrestre et les spores non amyloides éliminent normalement ce genre. Mais je ne vois pas dans quelle autre direction chercher. Avez-vous une piste ? Daniel Ghyselinck
---
Ca peut être un clitocybe du groupe rhizophora-vermicularis, à première vue.  Aucun Lentinellus ne ressemble à cela, le pied est beaucoup trop robuste. Si les spores sont verruqueuses on pourrait envisager un Lepista, mais je n'y crois pas trop.
Amitiés, Pierre-Arthur
---
A Vizzini: Rhodocybe gemina forma subvermicularis
---
C'etait mon idée aussi, mais j'ai le appris sous le nome Rhodocybe mauretanica (ou gemina var. mauretanica). C'est la même chose que var. subvermicularis, non? Andreas
---
A Février:  j'ai quelque chose qui ressemble : récolte du 30 / 05 / 2005, en Corrèze (limitrophe du Cantal), dans le massif des Monèdières, altitude 700mètres, sur litière d'aiguilles sous Picea. Ata description, j'ajouterais le critère d'hygrophaneité.
---
JJW: Ici, ça fait penser à un Clitocybe du groupe vermicularis (l'autre, moins, mais c'est juste une impression)
---
Voici le résultat de mes réflexions (je réponds tardivement à cause d'un problème de connexion à Internet) :
 - Concernant Clitocybe gibba, la taille des spores ne correspond pas du tout.
- Pour Lepista, ni la taille, ni l'ornementation ne concordent.
- Je pense que la sporée blanc-crème (abondante), sans nuance rosée, élimine le genre Rhodocybe. Je n'ai rien trouvé sur Rh. gemina var. subvermicularis ni sur Rh. mauretanica, mais a-t-il de si petites spores ?
- Il reste donc le genre Clitocybe. Je ne reconnais pas dans ma récolte C. vermicularis, surtout à cause de l'aspect très irrégulier du chapeau et de l'absence de rhizomorphes. En plus, je l'ai vu à plusieurs endroits, avec la même bouille ! Je me suis dit que les mycologues du coin devaient sûrement bien connaître ce taxon, qui semblait typique. Mais bon, je vais chercher dans cette direction...
 
Je reconnais déjà beaucoup plus un Clitocybe du groupe de vermicilaris dans la récolte de A. Fevrier.
Daniel Ghyselinck
---

 Clitocybe vermicularis (YD) 1

 

Clitocybe vermicularis (YD) 2

 

Clitocybe vermicularis cf (Q Fevrier) Monedieres 050530

 

Clitocybe vermicularis cf Cantal 2005-07


 
-----  récoltes problématiques sur M E ------

Je sollicite votre aide pour une récolte effectuée en Juillet 2005 dans le Cantal, près de Chaudes-Aigues, à une altitude de +/- 1100 mètres, sous conifères. Les champignons ont un aspect de Lentinellus, mais poussaient à même le sol, dans les aiguilles (voir photo). Le pied est légèrement excentrique et le chapeau est irrégulier. La sporée est blanc-crème et non amyloides. Les spores sont très petites, de l'ordre de 3,5 x 2,2 µm. Boucles abondantes.
Je connais très mal le genre Lentinellus, mais selon la clé de Pierre-Arthur Moreau et Pierre Roux, la croissance terrestre et les spores non amyloides éliminent normalement ce genre. Mais je ne vois pas dans quelle autre direction chercher. Avez-vous une piste ? Daniel Ghyselinck
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Ca peut être un clitocybe du groupe rhizophora-vermicularis, à première vue.  Aucun Lentinellus ne ressemble à cela, le pied est beaucoup trop robuste. Si les spores sont verruqueuses on pourrait envisager un Lepista, mais je n'y crois pas trop.
Amitiés, Pierre-Arthur
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A Vizzini: Rhodocybe gemina forma subvermicularis
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C'etait mon idée aussi, mais j'ai le appris sous le nome Rhodocybe mauretanica (ou gemina var. mauretanica). C'est la même chose que var. subvermicularis, non? Andreas
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A Février:  j'ai quelque chose qui ressemble : récolte du 30 / 05 / 2005, en Corrèze (limitrophe du Cantal), dans le massif des Monèdières, altitude 700mètres, sur litière d'aiguilles sous Picea. Ata description, j'ajouterais le critère d'hygrophaneité.
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JJW: Ici, ça fait penser à un Clitocybe du groupe vermicularis (l'autre, moins, mais c'est juste une impression)
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Voici le résultat de mes réflexions (je réponds tardivement à cause d'un problème de connexion à Internet) :
 - Concernant Clitocybe gibba, la taille des spores ne correspond pas du tout.
- Pour Lepista, ni la taille, ni l'ornementation ne concordent.
- Je pense que la sporée blanc-crème (abondante), sans nuance rosée, élimine le genre Rhodocybe. Je n'ai rien trouvé sur Rh. gemina var. subvermicularis ni sur Rh. mauretanica, mais a-t-il de si petites spores ?
- Il reste donc le genre Clitocybe. Je ne reconnais pas dans ma récolte C. vermicularis, surtout à cause de l'aspect très irrégulier du chapeau et de l'absence de rhizomorphes. En plus, je l'ai vu à plusieurs endroits, avec la même bouille ! Je me suis dit que les mycologues du coin devaient sûrement bien connaître ce taxon, qui semblait typique. Mais bon, je vais chercher dans cette direction...
 
Je reconnais déjà beaucoup plus un Clitocybe du groupe de vermicilaris dans la récolte de A. Fevrier.
Daniel Ghyselinck
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