II

VOCABULAIRE RAISONNÉ

DU

DESCRIPTEUR

Josserand

N. B.  Arrivé à la lettre C, nous avons la bonne surprise de découvrir que nos amis espagnols ont déjà mis en ligne la "quintessence " du formidable travail de Marcel Josserand. Nous nous étions de toutes manières promis de respecter son copyright en nous limitant à cet échantillon !

 

Setas y Hongos: Glosario de términos en Francés (by Domin_Fungus)

Interesante Glosario en Francés para poder entender los términos más usados en los libros y textos franceses.

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    Abaxial. - Qui est situé, tourné, en direction opposée à l'axe (d'un organe). CORNER a proposé de nommer arête abaxiale de la spore ce que nous croyons préférable de nommer arête externe. Voir discussion à Arête. Antonyme: adaxial.

   Aberrant. - Anormal. Un carpophore aberrant est un carpophore dont la morphologie diffère considérablement et plus que ne l'autorise la variabilité spécifique, du type moyen admis pour l'espèce à laquelle il appartient.

    A.H. SMITH croit pouvoir distinguer le caractère aberrant qui semble héréditaire, du caractère anormal qui ne le serait pas. Nous croyons cette distinction assez difficile à appliquer; comment, en présence de sujets atypiques à qualifier, savoir s'ils se répéteront, identiques, dans leur descendance ? Nous pensons que, pour le moment et en mycologie, on peut complètement assimiler aberrant et anormal.

    Notons seulement qu'en entomologie, une aberration est une forme, parfois très éloignée du type, mais se produisant avec une certaine fréquence et avec les mêmes caractères particuliers. Les aberrations entomologiques - certaines d'entre elles, tout au moins - sont donc des formes connues, décrites, cataloguées.

    Aberration. - Anomalie. Cf. discussion à aberrant.

    Abiéticole. - Qui croît sous Abies (sapin).

    Acerbe. - Il y a quelque humiliation à devoir constater la difficulté de fournir une définition sûre d'un mot aussi usité. Le Larousse du XXe siècle dit « d'un goût âpre, d'une saveur astringente », ce qui semble correct mais, très malencontreusement, est contredit par les synonymes cités peu après, entre autres : acide, âcre, aigre, trois mots exprimant trois notions largement différentes, différentes entre elles et différentes de acerbe. Les nuances que ce dictionnaire s'efforce ensuite de faire ressortir ne sont pas des plus satisfaisantes. LITTRÉ l'est davantage et malgré une indication de parenté avec âcre, il définit acerbe comme équivalent de âpre. Nous penchons fortement pour cette équivalence : acerbe = âpre, astringent (tel le fruit de Prunus spinosa).

     Nous sommes confortés dans cette interprétation par le ROBERT qui après avoir, lui aussi, donné plusieurs termes plus ou moins appropriés, précise « d'une saveur astringente ».

     Bien entendu, si l'on admet ce sens, Tricholoma acerbum n'aura nullement une saveur acerbe !

     De toute façon et bien que acerbe puisse être tenu pour synonyme de âpre, il vaudra mieux rejeter ce terme, malgré tout assez ambigu. Il existe, pour désigner ces types de saveur, suffisamment de mots à sens certain pour qu'on puisse se passer de celui-là.

   Acicole. - Qui croît parmi les « aiguilles », c'est-à-dire sous résineux.

   Aciculaire. - En forme d'aiguille, donc très étroit, allongé et aigu. A été employé - mais généralement dans un sens fortement excessif - pour caractériser certaines spores. On peut concevoir, mais encore avec quelque exagération, des poils d'arête, des poils de pied, etc., aciculaires (fig. 32)

   Acier. - Couleur d'acier, évidemment, mais le mot n'en comporte pas moins deux acceptions. Certains auteurs, R. KÜHNER par exemple, nomment ainsi une couleur qui est celle d'une lame de couteau en acier poli. Par acier, ils entendent donc gris d'acier. Pour d'autres et pour nous en particulier, acier n'est point du tout gris, mais d'une teinte indécise, lavée de bleu métallique ; c'est la couleur de la partie bleue des irisations que présente un morceau d'acier passé à la flamme. Devant cette dualité de conception, génératrice d'ambiguité, on pourrait suggérer d'abandonner le mot. Pourtant, il lui arrive de rendre des services dans certains cas, par exemple pour définir le pied brillant de certains Leptonia, de teinte autrement assez mal définissable. On pourra éviter l'équivoque en n'employant point le mot acier tout seul, mais en disant gris d'acier ou bleu d'acier, selon la couleur que l'on veut exprimer.

   Âcre. - De saveur irritante, brûlante. On confond souvent âcre et amer, bien que ces deux mots correspondent à deux sensations n'ayant, en vérité, rien de commun. FRIES lui-même, s'est rendu coupable de cette confusion étonnante en donnant comme âcre la saveur de Cortinarius causticus, qui est amer (dans Monographia : valide acris (à moins que cette espèce puisse être tantôt âcre et tantôt amère, fait que nous croyons avoir constaté jadis chez C. vibratilis). L'immense majorité des espèces âcres se recrute dans les genres Lactarius et Russula. (L. rufus, L. piperatus, Russula sanguinea et bien d'autres). Il existe des espèces âcres en dehors de ces deux genres, mais elles sont en petit nombre, en Europe du moins, et on les compterait presque sur les dix doigts (divers Lentinellus, quelques Cortinaires : C. bolaris et C. rubicundulus, Boletus piperatus...) Joss Fig 33

    Acriuscule. - Faiblement âcre.

   Aculéolé. - Muni de fins aiguillons. S'applique à peu près exclusivement aux spores et encore les spores aculéolées sont-elles très rares chez les Basidiomycètes charnus (certains Clavaria extra-européens...) Appliquer ce mot, comme on le fait parfois, à des spores de Cortinaires, d'Hébélomes, etc., simplement verruqueuses, constitue une impropriété par surexpression. Cf. spore pour figure et commentaires d'ensemble.

   Acuminé. - Terminé en pointe allongée (fig. 33).

   Acystidié. - Dépourvu de cystides.

   Adaxial. Qui est situé, tourné, en direction de l'axe (d'un organe). CORNER a proposé de nommer arête adaxiale de la spore ce que nous croyons préférable de nommer arête interne. Il justifie son point de vue en réservant arête interne à la face intérieure de la paroi sporique, celle qui est en contact avec le cytoplasme : « the working face of the spore wall in contact with the cytoplasm » (Studies in the Basidium). Anton. abaxial.

    Adné. - Qui fait corps avec un organe contigu, qui lui est adhérent et comme soudé. Se dit, par exemple, de la cuticule, lorsqu'elle est inséparable de la chair, lorsqu'on ne peut peler le chapeau.  Se dit des fibrilles, des écailles, etc., lorsqu'elles adhèrent à la surface du pied ou du chapeau. Se dit des lames, tubes ou aiguillons quand ils adhèrent au pied par une portion plus ou moins importante de leur largeur (voir figure et commentaire général au mot insertion).

   Adnexé. - Terme ambigu à supprimer. Cf. insertion pour commentaire.

   Aérifère. - Qui renferme de l'air. En mycologie, se dit des tissus ou des portions de tissus comportant de l'air entre les hyphes. Certains revêtements piléiques sont entièrement aérifères, ce qui se constate facilement sous le microscope par une moindre netteté de la préparation. Il est à noter que certains revêtements présentant des places, des plages d'une teinte contrastant un peu avec la teinte d'ensemble, doivent le fait à ce que les parties sombres correspondent à des zones non aérifères. Chez Rhodopaxillus mundulus, pour n'en citer qu'un seul, les gerçures plus foncées montrent un tissu non aérifère alors que l'ensemble du glacis piléique l'est manifestement.

Jos 190 fig 34    Aerugineux. - Couleur du cuivre oxydé, donc entre vert et bleu. On écrit aussi érugineux.

    Affleurant. - Qui affleure, c'est-à-dire qui se trouve au même niveau que le milieu ou les organes environnants. Se dit par exemple d'une cystide qui arrive juste au niveau de l'hyménium (fig. 34). Cf. émergeant, immergé, inclus.

    Agglutinant. - Qui agglomère. Se dit des bases de stipes qui, agglomèrent ainsi l'humus environnant. Clitocybe ditopa a une base agglutinante.Jos 190 fig 35

     Aigu. - Pointu (fig. 35). Anton. obtus q. v. pour discussion !

    Aiguillon. - En mycologie (car, en phanérogamie, le mot a un sens plus étroitement défini), petite pointe ornant la face de certains organes, parfois le chapeau (Lepiota sp., sp.), mais particulièrement les spores. Voir aussi épine.

   N. B. - Il ne faut pas abuser du mot aiguillon et désigner ainsi de simples verrues un peu saillantes. Pour mériter le nom d'aiguillon, le processus doit être très défini et d'une certaine longueur. Toutefois l'usage n'exige pas qu'il soit aussi aigu que le mot aiguillon semblerait l'indiquer (fig. 250, E, F).

    Ailé. -  Muni d'ailes. S'emploie en botanique générale dans le sens de muni de côtes très minces et très saillantes, donc en forme de lame (fruit de nombreuses Ombellifères). En mycologie, l'utilisation de ce mot semble restreinte à un très petit nombre de spores : Lactarius pterosporus Romagn. (fig. 250, L), certains Bolets exotiques dont l'ornementation est tout à fait extraordinaire, par exemple B. russellii. (La spore de cette dernière espèce que nous figurons (idem, M) est en vif désaccord avec celle donnée par GILBERT, Notule sur les Bolets, Bull. Société mycol. de France, 1936, p. 249. Cet auteur a été victime d'un matériel mal déterminé par son correspondant. Notre dessin a été fait à partir d'un co-type). Cf. spore pour figure et commentaire d'ensemble.

Jos 190 fig 36

   Allantoïde. - En forme de boyau, de saucisse. En mycologie, ce mot a pris le sens de : cylindracé-arqué (avec un rapport longueur-largeur de 2,5 : 1 à 5 : 1 environ) et à bouts arrondis (fig. 36). Ne s'applique guère qu'à la spore ou à certaines différenciations du mycélium en culture ; rarement à certains articles d'hyphes. Syn. botuliforme.

   Alnicole. - Qui croît sous Alnus (aulne).

   Alutacé. - Qui a la couleur du cuir. L'ennuyeux est que l'on ne sait trop de quel cuir on parle. Est-ce du cuir naturel ? Il semble que oui et il en résulte que alutacé est un beige jaunâtre peu propre mais assez clair. Cette interprétation se trouve cadrer assez bien avec celle de R. KÜHNER qui estime (viva voce) qu'il faut entendre : couleur du cuir tanné à l'alun (aluta) ; or, ce procédé de tannage donne une teinte claire. Jusqu'au jour où la rédaction de ce travail nous amena à voir cette question d'un peu plus près, nous prenions alutacé dans un sens moins jaune et un peu plus gris, entre gris pâle et jaune sale. C'était, croyons-nous, une légère erreur de tonalité. de tonalité.

En résumé, alutacé s'exprime pour nous maintenant par le n°215 du code de SEGUY avec une certaine latitude, cela va de soi, mais qui ne saurait en aucun cas s'étendre jusqu'au n°179 que ROMAGNESI indique pour définir le terme et qui nous paraît franchement inacceptable. Le mot, de toute façon, est hautement imprécis. Il n'existe pas dans le LITTRÉ. Quant à LAROUSSE, il voit dans alutacé une indication non de teinte, mais d'aspect de la surface : «  couvert d'un réseau extrêmement fin ». Et de ce fait, les entomologistes emploient parfois alutacé substantivement dans le sens de : fine ponctuation chagrinante. Bel exemple de la différente signification que peut prendre une épithète selon la discipline qui l'utilise.

     Alvéole. - Subst. masculin. Petit creux rappelant les cellules que construisent les abeilles. Un alvéole est plus profond qu'une fossette (q. v.) ou qu'une scrobicule q. v.

    Alvéolé. - Qui présente des alvéoles.

    Amarescent. - Mot équivoque, à rejeter. Voir discussion à " essent ".

    Amaricant. -  Ce mot paraît entaché de la même équivoque que amarescent et est à rejeter comme lui.

    Amariuscule.- Légèrement amer q. v.Joss 192 Fig 37

    Ambitus. - Pourtour (chez les Romains, espace libre autour d'une maison). J. FAVRE a utilisé ce mot pour désigner la portion marginale du chapeau, mais en donnant à l'adjectif marginal un sens assez étendu.

   Amer.- Il a déjà été exposé au mot âcre (q. v.) qu'il ne faut pas confondre amer et âcre. Les Russules et les Lactaires piquants sont âcres mais non amers. Sont amères les espèces ayant la saveur de la quinine, de la racine de gentiane ; par exemple : Nematoloma fasciculare, Agrocybe praecox, Cortinarius infractus, Boletus felleus, Boletus calopus, Clavaria dissipabilis, etc.

   Amphigène. - En botanique, caractérise le mode d'accroissement lorsqu'il n'est pas terminal mais a lieu en tous sens. En mycologie et par dérivation, s'applique à l'hyménium lorsque, au lieu d'être localisé à une portion du champignon (généralement le dessous du chapeau), il s'étend à toutes les parties du carpophore, comme par exemple chez les Clavaria.

   Ampullacé. - En forme d'ampoule. S'applique aux organes microscopiques présentant un renflement bien accusé et assez brusque sur une portion de leur longueur et très généralement à leur extrémité (fig. 37).

Joss 192 Fig 38

    Amygdaliforme.- En forme d'amande, amande s'entendant ici non du fruit complet, y compris la paroi verte et charnue, mais de la seule graine ou, ce qui revient à peu près au même, de la graine enveloppée de son endocarpe induré. S'applique exclusivement au profil de la spore lorsque la base en est largement arrondie, le sommet atténué-subpointu et lorsqu'il existe, en outre, une certaine dissymétrie dans le contour, l'arête externe étant un peu plus bombée que l'interne (fig. 18, à gauche). N.B.- Certains auteurs (dont notre ami R. KÜHNER) désignent parfois comme amygdaliformes des spores à sommet non seulement atténué-subpointu, mais encore étranglé-papillé (fig. 38, à droite) : c'est là une interprétation du mot que rien ne nous paraît justifier. De telles spores seront dites « amygdaliformes à sommet étiré-papillé ».

     Joss fig 39 Amyloïde. - En mycologie, ce terme a pris le sens un peu lâche de ; réagissant par un changement de teinte évident lorsque mis en contact avec une solution iodée ou avec la vapeur d'iode. C'est le cas des spores des Lactario-russulés, des Melanoleuca, de la paroi de celles de nombreuses espèces qui virent au gris-noir ainsi que de certaines hyphes des Lentinellus.

   Anastomose. - Réunion de nervures ou de vaisseaux voisins (fig. 39) et, plus largement, réunion, fusion de tous éléments linéaires (hyphes, côtes, veines etc.) ou non (lames), ce qui, si les anastomoses sont nombreuses, peut donner une sorte de vague réseau étiré.

   Anastomose (anse d'). - Cf. anse.

   Anastomosé. - Réuni par des anastomoses.

   Anfractueux. - Dont la surface présente des anfractuosités, c'est-à-dire des enfoncements, des ravins, des reliefs, très irréguliers ou sinueux. S'applique à peu près exclusivement au chapeau de quelques espèces, telles que certains Calodons.

   Angiocarpes. - Cf. Ontogénèse.

   Anisodiamétriques. - Dont les différents diamètres sont inégaux : les pseudo-paraphyses de la fig. 216 sont anisodiamétriques. Anton. isodiamétrique.

Joss 40    Anneau. - Ornement du pied de forme circulaire (fig. 40), parfois bien différencié en collerette, parfois aussi plus rudimentaire. Il existe plusieurs types d'anneaux, non seulement du fait de leur morphologie mais aussi du fait de leur origine, de leur mode de formation. Il existe de faux anneaux, c'est-à-dire des anneaux de formation tardive, provenant d'une prolifération soit péri-piléique, soit péri-pédiculaire. Reconnaître le type d'un anneau donné implique souvent l'étude ontogénique de l'espèce en cause. GILBERT a publié un Essai de terminologie des organes véliformes et annuliformes des Agaricales et Bolétales (Bulletin Soc. mycologique de France. t. LXIII, pp. 42-57) auquel pourront se reporter ceux qui souhaitent s'informer de la question de manière plus approfondie. En dépit de son ancienneté, cette étude demeure valable, au moins dans les grandes lignes sinon dans chacun de ses détails. Nous en donnerons un bref aperçu au mot voile.

Le descripteur sera loin d'être toujours à même d'établir à quel type d'anneau il a affaire. Il lui faudrait pour cela posséder des primordiums et la technique nécessaire à leur interrogatoire. A défaut de pouvoir reconnaître l'origine de l'anneau, le processus de son élaboration, à défaut de pouvoir le décrire décrire « dynamiquement », il le décrira « statistiquement », c'est-à-dire qu'il énoncera son aspect sur sujets développés, en s'aidant d'ailleurs des jeunes qui, bien qu'infiniments plus évolués que les primordiums, n'en fournissent pas moins, souvent, des indications utiles et même suffisantes sur l'origine de l'anneau.

    Annelé. - Muni d'un anneau. On écrit quelquefois annulé. S'applique au pied. Anton. exannulé.

    Anomalie. - Caractère particulier par lequel une forme s'éloigne du type : carpophore présentant une anomalie. Aussi et par extension, le sujet anormal lui-même : récolter une anomalie.

    Anormal. - Qui n'est point normal, point typique, qui présente une anomalie q. v.

    Joss 41

Anse d'Anastomose. - Très court canal semi-circulaire, en forme de boucle, situé sur le côté d'une hyphe, au niveau d'une cloison (fig. 41). Il y a d'ailleurs une étroite relation entre l'élaboration de l'anse et celle de la cloison. Syn. boucle.

    La spécification moderne et même la systématique à l'échelle générique, utilisent de plus en plus ce caractère. Il faut donc le rechercher attentivement.

Pour avoir tout son sens, l'observation des anses d'anastomose devrait être conjuguée avec l'étude caryologique, mais c'est une exigence qu'on hésite encore à formuler à l'égard du mycologue non spécialisé dans ce genre d'étude. On observe non très rarement des formations dites " fausses boucles ", se distinguant des boucles par le fait qu'elles sont inachevées.

   Antérieur. - Situé en avant. S'applique surtout à la portion des lames qui est la plus proche du bord du chapeau. Anton. postérieur q. v. 

Joss p 195 fig 42 43

   Apical. - Situé au sommet, à l'extrémité distale : pore apical : pore situé au sommet de la spore (fig. 42).

   Apicule. - On appelle communément apicule le très petit appendice situé vers le bas de la spore (fig. 43). C'est à la partie inférieure de cet appendice  qu'aboutit le stérigmate. Certains ont proposé de rayer le mot apicule du vocabulaire sporologique comme étymologiquement impropre et de le remplacer par appendice hilaire. On trouvera à hile une discussion sur ce point et les raisons pour lesquelles nous pensons qu'il faut conserver le vocable apicule ainsi que des indications sur la mécanisme de son élaboration.

Joss p 195 fig 44

Aplani. - Devenu plat. Ce sens se retrouve dans l'expression ; chapeau convexe puis aplani, qu'il n'est guère besoin d'expliciter : chapeau d'abord convexe, puis s'étalant jusqu'à devenir plat.
    Mais à côté de ce sens rigoureux, le mot aplani en a pris un autre, moins exact peut-être, mais accepté, celui de presque plan, plan légèrement convexe (fig. 44).
   Aplani
a donc soit le sens de : devenu plan, soit simple valeur d'atténuatif : presque plan.

   Apode. - Dépourvu de pied. Syn. sessile. Anton. stipité.

   Apophyse. - Petite partie saillante d'un organe. Ce terme a servi parfois pour désigner la petite saillie qui se forme à l'extrémité du stérigmate et qui constitue l'ébauche de la future spore.

   Appendice. - Prolongement d'un organe.

Joss p 195 fig 45   Appendiculé. - Muni d'un ou de plusieurs appendices. Une marge est dite appendiculée lorsqu'elle est prolongée par une petite frange irrégulière provenant des débris du voile (fig. 45). Une cystide est appendiculée quand son sommet s'étire en une portion étroite, semi-individualisée (uni-appendiculée même figure), etc.

   Appliqué. - Syn. apprimé q. v.

   Apprimé. - Étroitement plaqué sur son support. Des mèches piléiques sont dites apprimées si, loin de se redresser, elles sont entièrement appliquées sur le chapeau.

   Apre. - Est âpre :

1. ce qui est astringent ( non amer ! ), ce qui provoque dans la bouche, dans le gosier, sur la langue, cette vive sensation de resserrement, de constriction, que produit par exemple le fruit [du kaki sauvage ou] de Prunus spinosa ;

2. ce qui est un peu rude au toucher, donc le contraire de uni (ou lisse). Peu employé dans ce second sens, sinon en diminutif : aspérulé q. v.

   Arachnoïde, arachnéen. - Formé de fins filaments, soit entrecroisés, soit parallèles, comme ceux constituant une toile d'araignée (l'analogie n'est pas avec les toiles orbiculaires et à claire-voie des Epeires mais plutôt avec les toiles dites " en hamac " des Tégénaires). Exemples : cortine arachnoïde, tapis de fixation arachnoïde.

   Aranéeux. - Syn. Arachnoïde q. v.

   Arénicole. - Qui croît dans le sable ou, tout au moins, dans les terrains sablonneux.

   Aréole. -1. Petite tache circulaire d'une autre teinte que l'étendue environnante.
                  2. Petite surface délimitée. (Cf. aréolé !).

    Aréolé. - Ce mot a deux acceptions -- deux acceptions mycologiques -- entièrement différentes.

    1. Pour nous, un chapeau aréolé était un chapeau marqué de petites taches rondes dont la teinte était différente de celle du fond. C'était donc, très exactement, un chapeau guttulé. Plusieurs auteurs ont pris le mot dans ce sens.

    2. Mais pour d'autres, un chapeau aréolé est un chapeau divisé en « petites surfaces » (voir le second sens d'aréole) délimitées par des craquelures. C'est donc simplement un chapeau tesselé. A l'appui de cette deuxième interprétation, on peut citer la description friesienne de Boletus chrysentheron : pileus saepe areolato rimosus qui ne laisse place à aucun doute ! On trouve aussi des exemples de ce sens dans QUÉLET.

    Il est donc bien certain que les deux conceptions se retrouvent dans les auteurs et il est généralement très difficile de savoir, sauf si l'espèce est bien connue, comme B. chrysentheron, ce qu'ils ont entendu exprimer. Il n'y a guère qu'une solution satisfaisante : la mise à l'index de aréole et de aréolé. On écrira, suivant le cas : chapeau guttulé ou chapeau craquelé (ou encore tesselé).

Joss Fig 46

   Arête. - Ligne formée par l'intersection de deux plans. Ce mot n'a guère que deux  emplois mycologiques.

    1. Il désigne le bord libre des lames lequel est plus ou moins aigu et se nomme encore la tranche : arête denticulée, arête bordée de brun, etc.

    2. Il s'applique à certaines régions de la spore qu'on peut définir ainsi : soit une spore : par assimilation au globe terrestre, nommons méridiens n'importe laquelle des lignes qu'on peut tracer depuis son sommet jusqu'à l'apicule. On appelle arête interne la portion de la spore parcourue par le méridien le plus interne, le plus proche de l'axe de la tétrade sporique couronnant la spore. Et l'on nommera arête externe la région où passe le méridien le plus externe, celui situé le plus à l'extérieur du bouquet de spores (fig. 46).

    Bien entendu, il n'y a là aucune arête véritable, au sens géométrique du mot, puisqu'il n'y a aucune intersection de plans mais, au contraire, contours arrondis et continuité ; cependant, l'emploi du terme est admis depuis longtemps.

    Le couple arête interne, arête externe, a été proposé par nous, il y a un certain nombre d'années, en remplacement du couple alors accepté : arête dorsale, arête ventrale. Nous avons conseillé l'abandon de ces deux dernières dénominations car :
1. elles constituaient une faute de langage, puisque l'arête dite dorsale était celle tournée vers l'extéérieur de la tétrade et l'arête ventrale celle tournée vers l'extérieur de cette même tétrade, ce qui était en choquante contradiction avec les règles de la botanique générale.

2. Elles entraînaient de fréquentes confusions, du fait de la ressemblance entre les mots ventrale et ventrue et de ce que, souvent, l'arête ventrue n'était pas l'arête ventrale mais bien la dorsale (fig. 47).

    Au surplus, si les expressions ventrales et dorsales ont contre elles d'être impropres, elles ont un autre défaut qui impose leur abandon : certains mycologues, et non de second ordre, les ont interverties ! C'est ainsi que J. E. LANGE ( Flora Agaricina Danica, Introduction au genre Lactarius ), écrit expressément que le pédicelle est inséré du côté de la face ventrale ce qui nous convient parfaitement mais nous remarquons qu'il nomme ici face ventrale ce que d'autres nomment face dorsale !  On ne sortira de la confusion qu'en rejetant définitivement ces deux adjectifs.

Joss Fig 47     Les expressions arête interne, arête externe proposées par nous pour remplacer celles vicieuses ont généralement été acceptées ( R. MAIRE, A. MAUBLANC, etc.) Pourtant, CORNER leur a opposé une intéressante objection. Il a fait remarquer qu'elles mêmes n'étaient pas dépourvues de toute ambiguité. En effet, ce qu'il nomme arête interne est non pas ce que nous nommons ainsi, mais un quelconque méridien tracé à l'intérieur de la paroi sporique ! l'arête externe étant alors un méridien (également quelconque, croyons-nous), tracé sur l'extérieur de cette même paroi.

    Il proposa alors de remplacer notre couple arête interne, arête externe par face adaxiale, face abaxiale.

    L'emploi de ces deux épithètes est tout à fait soutenable et leur formation inattaquable. Mais on peut regretter une ressemblance entre elles poussée jusqu'à la quasi-identité et qui exigera à chaque fois un instant de réflexion, comme lorsqu'on entend parler des muscles adducteurs et abducteurs. Par ailleurs, il me semble que si les sporographes sont amenés fort souvent à mentionner l'arête intérieure au bouquet sporique et celle qui lui est extérieure, par contre, on n'a à peu près jamais l'occasion d'évoquer une région méridienne située à l'intérieur de la paroi, région pour laquelle il n'est peut-être pas très utile de prévoir une désignation particulière.

    Nous avons tenu de rapporter la proposition de CORNER qui est terminologiquement correcte, mais nous croyons que l'on peut en demeurer aux expressions arête interne, arête externe.

   Argenté. - D'un blanc brillant, à reflet rappelant celui d'une surface d'argent poli.

   Argilacé. -Terme entre tous imprécis. Signifie évidemment de la couleur de l'argile. Malheureusement, comme il existe des argiles presque blanches, d'autres grises, d'autres jaunes, rougeâtres, bleuâtres, verdâtres et même noirâtres, on mesure quelle peut être la précision du mot. Si, faute de mieux, on parcourt les auteurs, on finit par dégager que argilacé correspond en général à une teinte moyenne, comprenant un mélange de gris, de brun, et d'ocracé, ce mélange demeurant peu foncé, une teinte allant, si l'on veut, de C. Couleurs KLINCKSIECK et VALETTE 157, 162 (!), 167 à 172. Par exemple, on pourra dire que les lames d'Hebeloma crustuliniformis sont, dans leur jeune âge, d'un argilacé pâle. Il est permis de se demander si, devant l'extrême imprécision du terme, on ne ferait pas mieux de l'abandonner. Il est probable que si les mycologues, malgré ce qu'il a de très vague, persistent à l'employer, c'est qu'ils sont assez à court de désignation pour exprimer ces teintes neutres, sales, terreuses (encore un mot à éviter !) si fréquentes chez les champignons, si difficiles à définir et dont les codes de couleurs sont si pauvres.

    Armille. - Sorte d'anneau. Cf. voile.
    On nomme voile une couche de tissu qui enveloppe le champignon, complètement ou partiellement. Le problème des voiles est particulièrement ardu. Il est absolument inséparable de l'ontogénèse et par conséquent de l'embryologie car ce n'est que par l'étude du primordium que l'on peut établir l'origine de certains voiles, puisque voiles et anneaux sont la résultante du processus ontogénique, autrement dit de l'élaboration du carpophore à partir de quelques cellules initiales. En 1947, GILBERT avait donné un essai de terminologie des organes véliformes et annuliformes que nous résumons :

  1. Le voile universel. C'est celui qui enveloppe tout le champignon dans son jeune âge. La volve (q. v.) n'en est qu'un cas particulier.

Joss p 195 fig 48

    Arqué.- Courbé comme un arc. Les pieds des espèces croissant sur troncs ou sur souches sont souvent arquées (Fig. 48). Les lames dont l'arête a un profil concave sont arquées (idem), etc.

N. B. - Pour quelques très rares auteurs (cf. SNELL), une lame arquée est une lame dont l'arête est convexe, donc une lame ventrue. C'est là inversion de sens pure et simple.

Joss p 195 fig 49   Arrondi. - qui a une forme, un profil courbe. S'emploie pour caractériser divers organes : un bulbe peut être arrondi (fig. 49) ; aussi l'arête d'une lame si, au lieu d'être aiguë, elle est obtuse. C'est surtout la marge du chapeau à laquelle on applique ce mot. Cf. fig. à marge.

   Arrondi signifie aussi : qui ne présente pas de pointe aiguë (cystide, poil d'arête) ou d'arête vive (lame).

 

    Arrondies au pied. - S'applique aux lames (tubes ou aiguillons) pour caractériser un type d'insertion. Des lames arrondies au pied remontent en quart de rond à l'abord du pied. Cf. insertion pour figure et commentaire général.

Joss p 195 fig 50   Article. - Portion d'un organe ou d'une hyphe, séparée de la portion voisine par une cloison (fig. 50) ou, tout au moins, mais alors abusivement par un étranglement très accusé [qui est à l'origine du mot insecte].

   Articulé. - Qui comporte plusieurs articles.

 

 

 

 

Joss p 195 fig 51     Ascendant. - Qui s'élève.

   1.  Se dit des lames dont l'arête en se rapprochant du pied, prend une direction de plus en plus redressée (fig. 51, à gauche). Ascendant, ainsi employé, caractérise, au fond, la forme du chapeau autant que celle des lames. Signalons que W. H. SNELL (Three thousand mycological terms) attribue à "ascendant " et " ascending " un sens rigoureusement inverse : lames s'élevant du pied vers la marge (fig. 51, à droite). Il est clair qu'on ne peut prouver que ce sens est faux : il faudrait pour cela qu'il fût établi que la direction de l'arête doit s'apprécier en se déplaçant de la marge vers le pied et non du pied vers la marge. Or, c'est un point sur lequel on n'a jamais expressément statué, mais le sens de SNELL est en opposition avec le processus mental habituel : quand on exprime la forme d'une lame, par exemple quand on dit qu'elle est décurrente, on se déplace en esprit de la marge vers le stipe où on la voit aboutir et le long duquel on la voit descendre. En outre, le sens de SNELL est en contradiction avec celui très généralement adopté et, pour cette raison, il ne faut pas hésiter à le rejeter, ceci d'autant plus que les mycologues " états-uniens " eux-mêmes sont loin de l'accepter. A.H. SMITH, par exemple, a la même conception que nous.

   2. S'emploie également pour caractériser la direction de l'anneau, mais ici la même embûche se présente, redoutable. Quelques auteurs, dont GILBERT, nomment ascendant l'anneau des Amanites (fig. 52, à droite) que, pour notre compte, nous qualifierons volontiers de descendant, étant donné que pour définir le sens de l'anneau, la réaction normale semble être de le parcourir depuis son point d'attache jusqu'au bord libre et non l'inverse. De nombreux mycologues questionnés (quand ils n'étaient pas au courant de cette petite controverse terminologique, et par conséquent, pouvaient nous répondre spontanément) nous ont à peu près tous répondu qu'un anneau ascendant montait du bas du pied et qu'un anneau descendant descendait de son sommet. Joss fig 52

    Noter que l'ontogénèse ne fournit aucun argument décisif dans un sens comme dans l'autre.

    Devant l'impossibilité de justifier en logique une acception plutôt que l'autre, devant les risques extrêmes de confusion, il nous paraît sage et même indispensable d'abandonner les deux termes ascendant et descendant s'appliquant à l'anneau. A défaut d'un couple d'épithètes satisfaisantes, on en sera quitte pour expliciter son origine et sa direction au moyen d'une courte phrase, telle que : anneau d'origine supérieure, d'origine inférieure

   3. Peut enfin se dire de tout organe qui se redresse ; c'est ainsi que le stipe d'un espèce lignicole peut être horizontal dans sa partie inférieure et ascendant dans sa partie supérieure (fig. 48).

    Aspérulé. - Dont la surface est rugueuse, du fait de nombreuses mais très fines irrégularités ou saillies, assez mal individualisées. Une spore aspérulée est une spore très finement et peu distinctement verruculeuse. Cf. spore pour commentaire d'ensemble.

   Astringent. - S'applique à la saveur. A dire vrai, ce mot, pour nous, désigne quelque chose d'un peu différent d'une saveur à proprement parler, en ce sens qu'une saveur implique un goût. Or, l'astringence est caractérisée bien moins par un goût perçu que par une sensation de constriction de la langue ou du gosier, telle que la produit, par exemple, le fruit de Prunus spinosa. [le prototype de l'astringence pour les Japonais est sans doute celle de la chair du kaki sauvage, utilisé comme conservateur traditionnel, antiseptique naturel dont on enduit, par exemple les sacs de riz complet]

   Astringent est sensiblement synonyme de styptique et bien voisin de âpre ( mais non de âcre et naturellement encore moins bien moins d'amer ).

   Asymétrique. – Sens général : dépourvu de toute symétrie par rapport à un point, à une ligne ou à un plan. Les spores des hyménomycètes peuvent généralement admettre un plan de symétrie (sauf quelques spores noduleuses ou anguleuses) ; ceci apparaît clairement sur leur vue de face ; par contre, leur contour en vue de profil est nécessairement asymétrique, du fait de l’apicule.

    Sens particulier : ROMAGNESI nomme asymétriques celles des spores de rhodogoniosporés qui sont dépourvues de dièdre basal. Il est à remarquer que ce sens est tout conventionnel car, bien entendu, ces spores « asymétriques » admettent parfaitement le plan de symétrie habituel : il partage la face basale par son milieu. Anton. Symétrique q. v.

   Attenant. – Se dit de deux organes ou de deux éléments soudés par une portion plus ou moins étendue, parfois d’ailleurs fort restreinte. En particulier, s’emploie pour caractériser le mode d’attache des lames lorsqu’elles atteignent le pied mais ne lui sont adhérentes que par une très faible portion de leur largeur. Une lame attenante est à peine plus adnée qu’une lame libre ; c’est une lame sublibre. Cf. insertion pour figure et commentaires généraux.Joss fig 53

   Atténué. – Diminué. 1. Dont les dimensions vont en diminuant progressivement. Pied atténué de bas en haut, dont le diamètre diminue assez régulièrement depuis la base jusqu’au sommet ; atténué vers la base : dont le diamètre se réduit dans la partie inférieure. Cystides, spores, etc., atténuées au sommet : même sens (fig. 53).

    On dit aussi d’une lame qu’elle est atténuée en pointe à la marge lorsque, en approchant de la marge, elle devient de plus en plus étroite et y présente un profil particulièrement aigu. Les lames de la figure 156 sont atténuées en pointe et, notamment, F et I.

    2. De teinte diluée. Chapeau d’un rose atténué : d’un rose pâle et comme lavé.

   Atypique. – Qui n’est pas typique, c’est-à-dire dont les caractéristiques s’écartent de celles du type : un sujet atypique, une spore atypique. Anton. typique.

    Bacillaire ou mieux bacilliforme. – En forme de bâtonnet, donc étroitement cylindrique. Peut se dire de quelques spores, d’ailleurs fort rares.

    Bai. – D’un brun rouge. ROMAGNESI (Cours pratique de Mycologie, Supplément du 1-8-1837 à la Revue de Mycologie) traduit cette teinte par le n° 692 de SEGUY, ce qui nous semble fort loin de la conception usuelle des peintres et des coloristes. Bai s’exprime à peu près par le n° 83 de ce même code ou encore par le n° 83 de celui de KLINCKSIEK et VALETTE.

   Basal. – Qui appartient à la base. Syn. Basilaire.

   Base. – Partie inférieure d’un objet ou encore : partie d’un organe la plus proche de son support. Du pied : la partie la plus près du sol ou même engainée dans le sol (ou dans le substratum). D’une baside, d’une cystide : la partie insérée dans l’hyménium. D’une spore : la partie la plus proche de la couche hyméniale.

   Basal. – Qui appartient à la base. Syn. Basilaire.

   Base. – Partie inférieure d’un objet ou encore : partie d’un organe la plus proche de son support. Du pied : la partie la plus près du sol ou même engainée dans le sol (ou dans le substratum). D’une baside, d’une cystide : la partie insérée dans l’hyménium. D’une spore : la partie la plus proche de la couche hyméniale.

Joss fig 54   FAYOD nomme base de la lame l’extrémité située vers le stipe. Mieux vaut ne pas employer cette désignation car quelques mycologues ont nommé base le fond de la lame, la partie où elle se confond avec le chapeau. On remplacera base au sens de FAYOD par extrémité pédiculaire ou postérieure, ce qui sera un peu plus long mais ne sera, du moins, pas équivoque.

 Joss fig 55  Baside. – Elément essentiel de l’hyménium caractérisant la classe des Basidiomycètes et produisant les spores. Les basides des champignons supérieurs sont le plus souvent clavées ou clavo-cylindracées et portent à leur sommet une ou plusieurs spores, généralement quatre, situées chacune à l’extrémité d’un petit appendice nommé stérigmate (fig. 54).

   Basidiocarpe. – Réceptacle sporifère, c’est-à-dire le champignon lui-même. Syn. Basidiome. Voir commentaires à carpophore.

   Basidiole. – On nomme basidiole des cellules hyméniales dispersées entre les basides (fig. 55). La plupart du temps, les basidioles sont, sans aucun doute, de jeunes basides immatures, n’ayant pas encore atteint leur pleine taille et non encore munies de leurs stérigmates ; mais est-il certain qu’on ne donne pas parfois le nom de basidiole à des cellules sans potentialité sporogène ? On reconnaîtra les basidioles à ce qu’elles naissent à un niveau un peu supérieur à celui où s’insèrent les basides mûres (alors que les cystidioles (q. v.) s’insèrent au dessous des basides). En outre, leur sommet n’atteint généralement pas le niveau de la couche hyméniale. Elles sont, le plus souvent, en forme de petite baside, donc claviforme, mais il y a de notables exceptions, par exemple dans le genre Marasmius où elles sont souvent fusiformes-lancéolées. Cf. aussi pseudo-paraphyse.

   Basidiome. – Cf. basidiocarpe.

   Basidiomycètes. – Classe de champignons dont les spores naissent sur des basides.Joss Fig 57

Joss Fig 56   Basidiospore. – Spore naissant sur une baside. On écrit parfois basidospore.

   Basilaire. – Qui appartient à la base. Syn. basal.

   Bec.- Prolongement d’un organe résultant d’un rétrécissement plus ou moins brusque. Un bec est généralement aigu ou sub-aigu (fig. 56).

   Bétulicole. – Qui croît sous Betula (bouleau).

   Bifide. – Fendu en deux sur une certaine longueur à son extrémité et ayant, de ce fait, l’apparence de deux doigts (fig. 57).

   Bifurqué. – Divisé en deux branches.

   Bilatéral. – Qui a deux côtés. S’applique surtout [en microscopie] à un type donné de trame des lames. Cf. trame pour figure et commentaire d’ensemble.

   Binucléé. – Qui possède deux noyaux et, en mycologie : deux noyaux par article. Se dit des hyphes du carpophore ou du mycélium. Également de la spore.

   Bipolaire. – Qui possède deux pôles. Se dit, par extension, d’un ensemble qu’on peut répartir en deux groupes. En mycologie, s’emploie dans ce dernier sens en matière de sexualité. Une espèce à sexualité bipolaire (abréviativement : une espèce bipolaire) est une espèce dont les spores peuvent se grouper en deux lots, correspondant à deux formules sexuelles.

   Bisporique. – Qui possède deux spores. S’applique aux basides présentant cette caractéristique (fig. 54, à droite). Se dit aussi, par ellipse, d’une espèce, d’une forme, d’un sujet dont les basides ont deux spores. S’écrit souvent 2-sporique. On dit aussi bispore. Cf. monosporique et tétrasporique.

   Bistérigmique. – Qui possède deux stérigmates (q. v.) et par conséquent deux spores. S’applique aux basides (fig. 54, à droite).

   Bistre. – D’un brun noirâtre, disent généralement les peintres, d’un brun jaunâtre statue LAROUSSE. Le « grand » ROBERT confirme LAROUSSE et parle d’un brun jaunâtre, mais ô surprise, le « petit » ROBERT, quant à lui, modifie la définition de son grand frère et rejoint la conception des peintres : « couleur d’un brun noirâtre, faite de suie détrempée… » ce qui n’évoque pas du tout la teinte jaune ou même jaunâtre. Il semble que le sens des peintres soit le plus communément adopté par les mycologues. Notons (KÜHNER, viva voce) que bistre est le mot avec lequel QUÉLET traduisit généralement le fuscus  de FRIES. RAMSBOTTOM définit bistre comme warm brown

     A la vérité, ce mot a été accommodé de bien des façons. On a même pu l’employer – mais combien illégitimement  – pour désigner la couleur des spores de Russules !

     Nous interprétons bistre comme une teinte oscillant assez largement autour du n° 114 du code de SEGUY ou du n° 65 de celui de KLINCKSIEK et VALETTE.

Joss fig 58   Bosse. – Protubérance obtuse. Un chapeau peut présenter une ou plusieurs bosses, mais c’est surtout en matière de sporographie que le mot est à retenir. On tend, sur une spore, à distinguer la bosse de la verrue, la première (la bosse) étant creuse (ce creux est, bien entendu rempli de protoplasme), ce qui implique que l’enveloppe sporale soit elle-même déformée, participe à la bosse (fig. 58, en haut) ; l’autre (la verrue) étant pleine, ce qui signifie que l’ornement est alors surajouté à l’épaisseur de la partie hypertrophiée à ce niveau (fig. 58, au milieu).

    Le sens des mots bosse et verrue dans leur acception générale, ne justifie certes pas cette distinction, mais la langue est faite de spécialisations et de restrictions de sens amenés par l’usage et devant lesquelles il faut donc s’incliner, même si elles sont arbitraires ; aussi, ne votons-nous aucun inconvénient à accepter celles-ci. Nous les admettrons d’autant plus volontiers que deux ou trois excellents mycologues se sont déjà engagés dans cette voie.

   Nous ferons cependant une réserve : nous proposons de n’utiliser le mot bosse que pour les ornements dont on voudra exprimer expressément qu’ils sont creux. Par contre – et c’est là la réserve – comme on ne sait, bien souvent, si un ornement de très petite taille est plein ou creux, il est indispensable de réserver un terme vague qui s’applique indifféremment aux deux cas, un terme qui ne préjuge pas. Nous proposons que ce terme soit le mot verrue. Enfin, il ne faut pas oublier qu’il est des « verrues » non verruqueuses ; nous voulons dire : non protubérantes mais entièrement incluses dans l’épaisseur même de la paroi où elles se distinguent par leur couleur plus foncée (fig. 58, en bas). Dans ce domaine, il est une grande variété de cas particuliers qui déjouent quelque peu les classifications. Nous arrivons ainsi aux définitions suivantes :

   Bosse : protubérance obtuse creuse, c’est-à-dire dans laquelle pénètre le protoplasme sporique.

   Verrue : ou bien protubérance obtuse soit pleine, donc constituée par un épaississement de la paroi sporique, soit de constitution non élucidée ; ou encore : différenciation foncée, non saillante, située dans l’épaisseur même de la paroi sporique. Il est évident que, lorsqu’on entendra préciser que l’ornement en question est très certainement plein, on dira : verrue pleine ou encore : verrue constituée par un épaississement de la paroi.

   Remarquons encore que si ce distinguo est parfois tout à fait fondé, correspond à deux formations différentes, il arrive qu’il s’amenuise et ne signifie plus grand-chose. On conçoit, en effet, que certaines protubérances soient d’abord creuses, puis, lors du développement, s’oblitèrent par épaississement de leur paroi, deviennent pleines… et méritent alors de changer de nom. Ici encore, il faut se défier des distinctions verbales, plus marquées dans les Joss fig 59mots que dans la réalité.

   Bosselé. – A surface présentant des bosses : 1° s’emploie pour désigner un chapeau modérément bossu, modérément gibbeux q. v.

   2° Nous définissons plus loin ce qu’est un pied flexueux, mais il arrive souvent qu’un pied présente des ondulations trop courtes et trop rapprochées pour qu’on puisse le qualifier de flexueux. Dans ce cas, nous disons du stipe qu’il est bosselé (fig. 59) et, effectivement, ces courtes ondulations (qui sont à la flexuosité ce que la houle est à la vague) font comme de légères bosses sur toute sa longueur.

   3° S’applique aussi parfois à certaines spores et, typiquement, à celles des Inocybes de la section Clypeus, lesquelles présentent souvent des bosses individualisées. Une spore bossue, gibbeuse est à peu près identique à une spore noduleuse, tuberculeuse. Cf. spore pour figures et commentaire d’ensemble.

    Bossu, bossué. – Muni d’une ou plusieurs bosses irrégulièrement disposées. Syn. gibbeux (du moins dans son emploi macroscopique) q. v. pour application et figure.

    Botuliforme. – En forme de saucisse. Syn. allantoïde q. v.

    Boucle. – Anse d’anastomose q. v.

    Bouclé. – Muni de boucles, c’est-à-dire d’anses d’anastomoses q. v. S’applique exclusivement aux hyphes (aussi, mais alors par ellipse, à un carpophore, à une espèce, pour indiquer que ses hyphes sont bouclées).

 Joss fig 60    Bourse. – Terme peu usité de nos jours ; les anciens auteurs l’employaient pour désigner le bulbe volvé des Amanites.

    Brosses. – Terme familier, maintenant largement utilisé pour distinguer les cellules stériles qu’on peut rencontrer soit sur les revêtements, soit dans l’hyménium de certains genres (Mycena, Marasmius). Ces cellules sont hérissées de diverticules, parfois extrêmement courts, granuliformes, parfois, au contraire, assez longs et alors piliformes (fig. 60). Voir discussion à cystide (échinides).

    Fig. 60 – Hyphes en brosse (abréviativement :
brosses) de Mycena. Le dessin de droite
représente presque le maximum de longueur de
diverticules caractérisant les brosses.

Joss fig 61    Bulbe. – En mycologie, extrémité brusquement renflée d’un organe (par analogie avec le bulbe des spermaphytes). S’emploie souvent dans la description d’une cystide, mais surtout pour caractériser le renflement que présente à sa base le pied de nombreuses espèces (fig. 61, B, C, D).

   Bulbeux. – Muni d’un bulbe. S’applique surtout au pied et aux cystides. Lorsque le renflement n’est pas brusque et accusé mais progressif et peu prononcé, on ne doit pas utiliser le mot bulbeux mais renflé ou dilaté. La figure 61, A montre un pied simplement renflé. La figure 61, B, C, et D représente des pieds bulbeux. Le bulbe en B est dit olivaire. Celui en C, subsphérique. Celui en D, turbiné (en forme de toupie) : il est en outre marginé, c’est-à-dire muni d’un rebord net. Quand un tel rebord manque (fig. 151), le bulbe est dit immarginé.

 

bulbilleux

  Bulbille. –  Petit bulbe.

   Bulbilleux. – Muni d’un petit bulbe. Noter qu’un pied épais muni d’un bulbe léger ou même très léger, ne sera jamais dit bulbilleux (on le dira faiblement bulbeux). Il faut, pour qu’on puisse utiliser bulbilleux, qu’il s’agisse d’un pied grêle (fig. 62).

byssus   Byssoïde. – Qui a l’aspect d’un byssus q. v.  Les champignons lignicoles entièrement appliqués sur leur support (familièrement « croûtes ») et dont nous ne nous occupons pas dans ce vocabulaire, par exemple les Corticiés, ont souvent une bordure byssoïde. Mais il existe aussi des champignons à feuillets dont le pied naît au milieu d’un byssus.

   Byssus. – En mycologie « supérieure » : ensemble de filaments fins et soyeux, organisés en tapis de fixation plus ou moins feutré et rayonnant à partir de la base du pied (fig. 63).

 

 

 

 


 

E. SEGUY  Code universel des couleurs

Edition Paul Lechevalier, Paris 1936, 11,5x16,5cm, broché et en feuilles sous chemise-étui.
Edition originale. Ouvrage complet de 55 planches (700 couleurs).
Cet ouvrage est le XXXme volume de la collection "Encyclopédie pratique du naturaliste".

Paul Klincksieck et Th. Valette
Code des couleurs à l'usage des naturalistes, artistes, commerçants et industriels: 720 échantillons de couleurs classés d'après la méthode Chevreul simplifiée,
1908 - 81 pages


 

Origine du nom de famille JOSSERAND

Typique de la région niçoise, c'est un nom de personne d'origine germanique, Gauzehramn (gauz = gaut : du peuple goth + hramn = corbeau).

Le nom se rencontre plus fréquemment en France sous la forme Josserand (01, 74), curieusement transformée en Josserond (74).

Autres variantes : Jausseran, Jausserand (06, 83, 13), Josseran (12, 31), Gaucerand (34), Galceran (66 et plus généralement Catalogne).

Biographie

 Marcel Josserand est un mycologue français né le 5 octobre 1900 à Lyon et mort le 28 mars 1992.

Il est l'auteur de nombreux articles où se révèlent ses talents de sporographe et d'ouvrages qui ont établi sa notoriété de linguiste :  "La description des Champignons supérieurs (Basidiomycètes charnus) : technique descriptive, vocabulaire raisonné du descripteur" et "Mémoires : Importance de l'ornementation piléique pour la détermination des Coprins et L'étude des Coprins fimicoles".

 Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1998, 67 (9) : 235-250

Marcel Josserand, Mycologue (1900-1992)
par Robert Kühner (1)

    En 1992 paraissait dans le Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon (tome 61, p. 197-203) un article du Professeur Jean FIASSON intitulé « Marcel Josserand parmi nous ». L'auteur y rappelle qu'il y a quelques années, M. J. lui demanda, «au cas où le Conseil d'Administration de la Société linnéenne jugerait bon de publier un article sur le rôle qu'il joua dans cette société » d'en assurer la rédaction. Il devait «s'en tenir à son activité dans notre société et pour l'essentiel rappeler la liste de ses publications », ce qu'il fit dans l'article cité ci-dessus. Vers la même époque, M. J. me demanda si, au cas où je lui survivrais, j'accepterais de présenter son œuvre scientifique : je le lui promis. Je tiens aujourd'hui cette promesse faite à un ami dont J. FIASSON a dit de lui qu'il voyait en lui, « depuis des décennies, une personnalité hors du commun », opinion que je partage entièrement. L'article 1 que je présente aujourd'hui n'est en somme que le second volet d'une notice qui lui est consacrée.

    Né d'une famille aisée, qui possédait, dans la proche banlieue de Lyon une très vaste propriété, « Le Pré Vieux », où alternaient pelouses et bosquets d'essences variées et où le monde des champignons était représenté par de nombreuses espèces, M. J. se trouvait dans un environnement particulièrement favorable à l'éclosion d'une vocation de naturaliste. Celle-ci s'affirma bientôt puisqu'il n'avait que vingt ans lorsqu'il fut admis comme membre à la Société linnéenne de Lyon, créée en 1822 pour rassembler des naturalistes intéressés par toutes les branches de l'Histoire naturelle ; particulièrement nombreux parmi eux ont toujours été les entomologistes et les mycologues. Parmi les nombreuses personnalités que M. J. côtoya au sein de cette Société, je n'en citerai que deux : le Dr Ph. RIEL, plus âgé que lui de quelque 38 ans, de qui on a écrit qu'il était compétent dans toutes les branches de l’histoire naturelle, et


 R. KÜHNER ne put terminer cet article avant de disparaître en 1993. Le manuscrit est aujourd'hui retrouvé en l'état de la première frappe faite par E.B., en partie revue par son auteur. Il s'agissait d'un premier jet, sous forme de paragraphes ou d'alinéas, encore imparfaitement ordonnancés, mais dont l'intérêt nous parut tel que nous avons demandé à D. LAMOURE de revoir le texte, tout en respectant le contenu et le caractère personnel du style. Par devoir à la mémoire de R. KÜHNER, nous proposons que la promesse qu'il avait faite à son ami se réalise par la publication de cet article (NDLR : A. et E. BIDAUD et D. LAMOURE). Accepté pour publication le 20 avril 1998. Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1998, 67 (9.

A. POUCHET, un extraordinaire mycologue de terrain, qui était capable de déterminer rapidement d'innombrables espèces de champignons supérieurs des groupes les plus divers, ce pourquoi, chaque année, il était mis à contribution par les organisateurs des expositions locales si prisées du public le plus vaste ; de vingt ans l'aîné de M. J., il l'a fait profiter de sa déjà longue expérience.

    A l'époque où M. J. commençait à s'intéresser aux champignons supérieurs n'existaient, comme ouvrages en langue française traitant de leur ensemble et permettant, en principe, de les déterminer, que les flores de GILLET et de QUELET, datant du siècle dernier et, de ce fait, depuis longtemps épuisées ; elles ne pouvaient être (mal) remplacées que par une compilation plus ou moins maladroite qui en dérivait ouvertement. Les flores de GILLET et de Quélet, à première vue originales, avaient en fait pour origine les flores en langue latine du suédois Elias Magnus FRIES, le génial précurseur de la mycologie moderne.

    Tout en se familiarisant avec les champignons supérieurs des groupes les plus divers, M. J. décidait de limiter ses recherches personnelles à ceux des champignons dont les spores se forment à la surface des lames ou feuillets rayonnant à la face inférieure d'un chapeau, les Agaricini de FRIES, c'est-à-dire les Agarics au sens le plus large. J'ignore quelle fut l'origine d'une telle spécialisation ; toutefois, comme ce fut aussi la mienne à partir de la même époque je suppose que, comme moi, M. J. a été séduit par une flore en langue allemande, qui venait de voir le jour au début de notre siècle et qui était uniquement consacrée aux agarics, comme l'indique son titre « Die Blätterpilze... », qui signifie champignons à feuillets. Comparée à la partie correspondante des flores de GILLET et de Quélet, cette flore allemande, due à RICKEN, offre, à première vue, un caractère plus moderne ; alors que comme FRIES, Gillet ne mentionnait aucun caractère microscopique dans ses descriptions et que les seuls caractères de cet ordre mentionnés par Quélet étaient relatifs aux spores, on trouvait dans la Flore de RICKEN, non seulement les caractères des spores, d'ailleurs bien mieux précisés que dans la Flore de Quélet, mais aussi ceux des basides qui les produisent et, chaque fois que le champignon possède des cystides, les caractères de celles-ci.

    Mais il restait tellement à faire ! Pourquoi, comme son maître BRESADOLA, RICKEN avait-il limité ses investigations microscopiques aux spores et aux cellules de la surface des lames qui les produit ? Pourquoi avoir complètement négligé la structure des surfaces stériles du champignon, en particulier de la surface du chapeau ? On savait en effet, par quelques publications de la fin du siècle dernier qui ne sont pas des flores, que la structure de la surface du chapeau peut fournir au systématicien des caractères distinctifs de premier ordre. Patouillard a été l'un des premiers à utiliser la structure de la surface du chapeau pour classer les espèces des genres Marasmius et Collybia ; dans cet ordre d'idées il faut surtout citer le remarquable « Prodrome d'une histoire naturelle des Agaricinées », de FAYOD, sorti des presses à la même époque que la Flore de Quélet, et dans lequel l'auteur avait entrepris une étude critique de la classification friesienne des Agaricinées en utilisant les caractères anatomiques de toutes les parties du champignon, y compris la structure de la trame des lames, et pas seulement celle de la surface du chapeau.

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Au début de notre siècle avait vu le jour un travail de J. E. Lange commençant la publication de ce qui allait devenir sa célèbre « Flora Agaricina Danica ». Dans un fascicule consacré au genre Coprinus il a précisé, pour de nombreuses espèces, les caractères structuraux de la surface du chapeau et ceux du voile la recouvrant éventuellement, caractères qui, dans ce genre, sont de tout premier ordre pour le spécificateur. C'est cet ouvrage de Lange qui a incité M.J. à s'intéresser particulièrement à ce genre dès l'année 1930 et toute sa vie durant ; voir ses publications de 1930, 1933, 1934, 1938, 1941, 1944, 1948, 1962.

     Si les caractères microscopiques des spores étaient indiqués avec plus de précision dans la flore de Ricken que dans celle de Quélet, ils l'étaient encore de façon insuffisante, notamment en ce qui concerne leur ornementation, parce que, comme Quélet, RICKEN n'avait utilisé que des objectifs à sec. En 1924, MELZER, utilisant un objectif à immersion, montrait que l'ornementation des spores de Russules varie d'une espèce à une autre ; c'est ainsi, par exemple, que Russula laurocerasi, espèce qui avait été confondue avec R. foetens, en diffère non seulement par l'odeur de laurier-cerise à laquelle est dû son nom spécifique, mais encore par ses spores ornées de longues crêtes ; celles-ci sont particulièrement frappantes si les spores sont observées dans un réactif imaginé par MELZER : une solution iodo-iodurée additionnée de chloral ; elles s'y colorent en effet en noir, ce pourquoi on les dit amyloïdes.

     De la liste des publications de M. J., dont le nombre dépasse de peu la centaine, émergent, pour le systématicien spécificateur, deux titres qui désignent des mémoires complémentaires l'un de l'autre en ce sens qu'ils s'éclairent mutuellement : 1 — « La description des champignons supérieurs ». Un volume publié aux Editions Lechevalier en 1952 et qui a été l'objet, une trentaine d'années plus tard, en 1983, d'une seconde édition, entièrement refondue. 2 — « Notes critiques sur quelques champignons de la région lyonnaise », publiées en 8 «séries » dans le Bulletin de la Société Mycologique de France, de 1933 à 1974. La partie fondamentale du livre que M. J. a intitulé «La description des champignons supérieurs » est un vocabulaire où figurent, dans l'ordre alphabétique, avec leur définition, tous les termes de langue française qui ont été utilisés par divers auteurs en mycologie descriptive, ceux qu'il préconise de conserver et ceux dont il recommande l'abandon. « Préciser le sens d'espèces rares mal décrites ou prises dans des conceptions différentes, les extraire ainsi de la masse des espèces critiques afin d'en réduire progressivement le nombre » tel était, selon les termes de M. J., le but qu'il visait lorsqu'il entreprit, en 1933, la publication de ces séries de «Notes critiques ». Chaque note critique s'appuie sur une description originale détaillée où les caractères microscopiques de tous ordres occupent une place importante. Les comparaisons sont facilitées par le fait que dans toutes ces descriptions les caractères se succèdent dans le même ordre. Elles sont généralement accompagnées de croquis au trait représentant le champignon et divers