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2205961-diaporama-800x540【写真】Allée d'accés à l'habitation de l'Harmas.
              アルマスの住居への小道。

 

Harmas J H Fabre 1992 1229 (5)     A Sept kilomètres au nord-est d'Orange, en empruntant une route secondaire, Sérignan apparaît, ses toitures et ses murs ocrés émergeant à peine au dessus des vignobles. Au levant, surtout lorsque le mistral a balayé le ciel, on voit alors la silhouette du mont Ventoux, si cher à Fabre, que précèdent des contreforts blanc éclatant, au relief fortement érodé : les dentelles de Montmirail.

     C'est un pays où l'on récoltait des cépages réputés, tel la clairette, les grenaches, les Isabelles et les de Jacquez. A la fin du XIXe siècle, la population vivait surtout de ses vignes, du moulinage de la soie grège et de l'huile d'olive. Ce village aujourd'hui ressemble encore à ce qu'il fut alors.

     Lorsque le ménage Fabre eut connaissance de la mise en vente d'une propriété en bordure de cette agglomération, dans l'un de ses quartiers que ne perturbaient que le chant des cigales en été et celui du rossignol, ils la visitèrent aussitôt et la séduction fut immédiate. Tant et si bien que l'acte notarial signé, début mars 1879, ils prirent possession des lieux sans délai.

     Une dernière fois, mais pour un long et riche épisode, les Fabre déménagèrent les biens qu'ils avaient et meublèrent leur nouvel univers. On est loin de cette errance douloureuse qui, quarante ans plus tôt, avait suivi le départ de Saint-Léons. Profondément meurtris par la mort de Jules survenue deux ans plus tôt, Jean-Henri Fabre, plus que jamais fort de la si funeste et amère expérience de la vie, aborde droit, déterminé comme il ne cessera jamais de l'être, une aventure enfin souriante qui annonce une nouvelle vie.

 

Le Bassin Harmas Toshie 1992 12

 

p 20 Fabre interieur-maison

     " Hoc erat in votis ; c'est là ce que je désirais ", écrit-il en guise d'introduction pour la seconde série des Souvenirs. Ce qui avait toute raison de plaire à madame Fabre autant qu'à son époux, c'était cet espace de quelque quatre-vingt-quinze ares, en grande partie constitué de terre plantée de quelques arbres et de friches peuplées d'insectes et d'oiseaux. Une belle maison enduite de crépi rose, qu'accompagnaient deux ailes indépendantes, au levant et au couchant, une maison comme il fallait, ni trop petite, ni trop grande, sainement établie sur son sol de garrigue, agrémentée à quelques mètres de la façade d'un bassin qu'une source remplissait d'eau fraîche. La belle saison venue hôte de batraciens et de bestioles très diverses. Deux platanes devant une façade qui aurait sans cela été écrasée par le soleil, dispensaient leur fraîcheur. Ainsi, tout était réuni pour constituer un havre de bonheur et de réflexion.

 

J.-H. Fabre, son epouse et ses filles     Madame Fabre et ses filles prirent rapidement possession de l'aile centrale ; elle l'aménagèrent de fort agréable façon, quelques travaux rendirent les lieux avenants. Les mains féminines eurent vite fait de mettre en place les rideaux qui allaient protéger des chaleurs torrides, ceux plus rembourrés qui les isoleraient du mistral pénétrant et glacé.

     L'excellence de la nature des lieux et de leur situation, face aux exigences de l'entomologiste, mérite d'être quelque peu commentée. Depuis le début de sa carrière, Fabre aspirait à constituer un univers où serait réuni tout ce qui pouvait concourir à la réalisation de son oeuvre. Le relatif isolement était garant de l'unité familiale et la cohésion était sauvegardée. Les apparences pourraient laisser supposer une certaine ambivalence chez cet homme qui, à la fois, aspirait à pouvoir s'isoler mais, aussi, et l'on reconnaît là sa permanente démarche de pédagogue, avait besoin de communiquer. Au cours de ce nouvel épisode qui aura pour cadre l'Harmas, hormis la présence de la famille, celle d'amis occupe une place de choix. L'existence de cet être sensible, parfois bourru, méditatif mais aussi bon vivant, devait se dérouler dans le calme absolu, mais non dans l'esseulement.

     Tant en qui concerne les êtres que les lieux, il existe pour Fabre une notion du vrai, de l'authenticité ; ses valeurs ne sont pas celles de tout le monde. Pour ceux admis à l'Harmas, les portes du domaine seront toujours ouvertes, les intrus, en revanche, n'y auront jamais accès. C'est dans ces conditions, dans ce lieu choisi, qu'oeuvrera le naturaliste, après un demi-siècle d'attente : " C'est là ce que je désirais, hoc erat in votis : un coin de terre, oh pas bien grand, mais enclos et soustrait aux inconvénients de la voie publique ; un coin de terre abandonné, stérile, brûlé parle soleil, favorable aux chardons et aux hyménoptères. Là, sans crainte d'être troublé par les passants, je pourrais interroger l'Ammophile et le Sphex, me livrer à ce difficultueux colloque dont la demande et la réponse ont pour langage l'expérimentation ; là, sans expéditions lointaines qui dévorent le temps, sans courses pénibles qui énervent l'attention, je pourrais combiner mes plans d'attaque, dresser mes embûches et en suivre les effets chaque jour, à toute heure. Hoc erat in votis : oui, c'était là mon voeu, mon rêve, toujours caressé, toujours fuyant dans la nébulosité de l'avenir. " (Série II, "L'Harmas".)

      オランジュから県道を北東へ7キロメートルを行くと、葡萄畑の上にセリニャンの屋根と黄土色の壁が表われてくる。東方には特にミストラル(プロヴァンスの大風)が吹き荒れる時には、ファ-ブルの愛するヴァントゥ山と、その前のひどく侵食された真っ白なモンミラーユのぎざぎざ峰の輪郭がくっきりと見える。この地方は、クレレット、グルナッシュ、イザベル、ジャッケズといった品種の葡萄栽培で知られていた。19世紀の終りには、この辺の住民は特に葡萄、それに生糸の撚糸、オリーヴ油で生計を立てていた。この村は今日でもまだほとんど昔のままの姿を留めている。

      ファ-ブル夫妻は、セリニャンの外れに売りに出された地所があるのを知るとすぐ見学に行った。そこは近所から離れており、蝉や夜鳴きウグイスの鳴き声だけがうるさいといった所だったので、彼らはたちまち気に入った。そこで1879年3月の初めには証書に署名し、待つこともなくそこに移ってきた。

    これが最後の引越しで、新しい世界での長くて豊かなエピソードの始まりである。40年前サン・レオンスを両親と出た時の苦難の彷徨とは何という違いであろう。2年前、突然のジュルの死に致命的な打撃を受けたファ-ブルは、不幸で苦い人生の経験によってかつてないほどの強靭さを得た。やっと巡ってきた穏やかな新しい人生に毅然と立ち向かっていった。

     《 Hoc erat in votis、これだ、私が欲しかったのは》、とファ-ブルは昆虫記第2巻の導入部に書いている。この95アールほどの土地の大半は、何本かの木が植わった荒れ地で、虫や鳥の天国であり、それがファ-ブル夫妻の気に入った。桃色の壁の美しい家は、東と西に独立した別館があり、大きすぎも小さすぎもしない丁度の大きさで、乾いた堅固な石灰質の土地に建てられていた。家の前には冷たい水をたたえた湧き水の池があり、夏になると両生類やあらゆる小さな生き物がお客であった。窓の前の二本のプラタナスがなかったならば、家の中の涼気は吹っ飛んで夏の暑さに苦しめられるだろう。こういったものすべてが幸福と思索の隠れ家を構成していた。

      ファ-ブル夫人と娘たちは、すばやく家の中心部を占領した。彼女たちは内部を快適に改造するために、いくつかの素晴らしい作業をした。女性の手は、酷暑やミストラルが吹きつけるしつこい寒さを遮断するために、たちまち必要なところにカーテンを取り付けた。

      昆虫学者の要求の応えたこの素晴らしい自然環境と条件について少し話す価値があると思う。ファ-ブルは科学者となってからずうっと、幸せな家族が寄り添った静かな環境の中で、昆虫学の野外実験場を作ることを望んでいた。孤立した生活は家族のつながりを緊密にしたといえる。一見ファ-ブルには、孤立したいという欲望と同時に他人に自分の意思を伝えたいというある種の両義性が見られる。アルマスの新しい生活の中で、家族を除けば友人達は大きな位置を占めていた。思索的だが楽天家でもあり、時には無愛想なこの繊細な神経の持ち主は、アルマスで静寂だが孤独ではない生活を送った。ファ-ブルは人であれ、場所であれ本物を求めており、彼の価値観は他人のそれとは異なっていた。アルマスの門は友達には開かれているが、それ以外には誰も入ることができなかった。半世紀もの間待ちわびたこの条件と場所で、かれの作品は作られていった《ここなら通行人に邪魔されることもなく、ジガバチやアナバチに問いかけたり、難しい対話を実験を通して質問したり、答えさせたりすることに専念できる。ここならば時間を食う遠征や、忙しく動き廻って神経をすり減らすこともなく、攻撃の作戦を練ったり罠をかけて、毎日いつでもその経過をたどることができる。Hoc verat in votis、そうだ、これが私の願いであり、あたため続けてきた夢であり、いつも未来のあいまいさの中に紛れていた夢であった》(2巻、「アルマス」)。

Harmas J H Fabre 1992 1229 (3)De part et d'autre de la maison proprement dite, attenantes mais accessibles par des escaliers extérieurs, les ailes latérales seront réservées aux travaux de l'entomologiste. Dans celle donnant au levant, du côté du sentier qui s'élève parmi les vignes, Fabre installera sa bibliothèque, une bibliothèque où livres, revues, articles occuperont de façon de plus en plus dense tous les rayons. Au rez-de-chaussée, plus tard, Paul, son fils d'un second mariage, aménagera un laboratoire photographique où seront réalisées toutes les illustrations de la série dite complète des Souvenirs entomologiques.

    L'aile gauche est située vers le couchant. On accède au premier étage par un escalier de pierre, intérieur. En haut, la pièce est suffisamment vaste pour que Fabre y établisse son cabinet de travail. Des fenêtres sont orientées vers le midi.

   harmas_herbier_482  Avant toute installation en ce début d'année 1879, Fabre fait procéder à quelques arrangements. On s'inquiète alors des compétences accessibles dans le village. Un certain Marius Guigue, menuisier aveugle et rempailleur de chaises, participe à la mise en place d'une série de vitrines appelées à recevoir des collections extrêmement variées. Aujourd'hui comme au temps de Fabre, inclinées pour être accessibles aux regards, le visiteur y verra : pierres en nombre ou espèces fossiles, séries d'ammonites ; coquilles dont certaines avaient été ramassées sur les plages pendant le séjour en Corse ; pièces archéologiques ou préhistoriques -- objets de mémoire comme le sont déjà les lieux. Au-dessus des vitrines, alignées sous le plafond, les liasses des herbiers disent la place qu'occupait la botanique dans l'oeuvre du naturaliste.

       母家の両側には隣接しているが独立した入り口を持つ別館があり、そこは昆虫学者の研究のために確保されていた。葡萄畑を抜ける登り小道に面した東の別館をファ-ブルは図書室にして、そこに本や会報、記事などでいっぱいの本箱を置いた。のち、その一階は二番目の結婚で生れた息子のポールが、写真のラボを設置し、昆虫記全巻の写真を製作している。

      西側の別館の二階へは母屋からの石の階段でつながっていた。そこは窓が南側に面した広々とした部屋でファ-ブルは仕事部屋にした。

     これらのすべてを設置する前の1879年初頭、ファ-ブルはいくつかの準備に取りかかった。村に専門の職人がいるかどうか探してみた。マリウス・ギュイグとかいう盲目の指物師で、椅子わらの詰め替えもする職人が、自然科学の膨大なコレクションを配置するための陳列ケースの組み立て仕事に携わった。見易くするためにファ-ブルは棚に傾斜を付けさせた。今日でも見学者はそれを見ることができる。その中には多くの石類、化石やアンモナイトなど、また貝殻(その内のいくつかはコルシカ滞在中に浜辺で採集したもの)、それに先史時代の出土品などの思いでの品ばかりであった。陳列ケースの上方には植物標本が束ねられて天井まで並んでいた。

 

Harmas le salon【写真】L'Harmas, le salon - アルマスのサロン。

                  Dans la même pièce, on peut voir une cheminée sur le manteau de laquelle se trouve un nid de guêpes privé de ses habitants, une sphère terrestre où les reliefs donnent la mesure des continents et des mers, et parmi des pommes de pin, une pendulette dont un jour, Fabre a fait taire le tic-tac à dix-heures tout juste sonnées, de façon définitive, parce que le bruit de cet instrument à compter le temps perturbait la quiétude que réclamait sa réflexion.

 canvas    Aux murs, sont suspendus quelques cartons vitrés exposant, ici des insectes, là un crabe. Au milieu de la pièce, une grande table qui, sitôt le cabinet de travail mis en fonction, recevait les butins divers : terrines et assiettes de terre, d'argile ou de sable recouvertes de cloches métalliques pour retenir un temps quelques pensionnaires. Car, en ce lieu, ce ne sont pas les insectes privés de vie, immobilisés qui sont les sujets d'étude, mais bien tout ce qui peut apporter un enseignement sur la vie, faire l'objet de découvertes sur les moeurs. Aussi, sur toute la surface de la grande table, seuls quelques rares instruments perfectionnés, une balance, un microscope, des outils à disséquer, sont mêlés à des quantités de matériaux récoltés dans la nature, et à des récipients, des boîtes, des éprouvettes de différentes tailles. Le cabinet de travail, en somme, prolonge le champ de la nature, constitue un lieu abrité où se poursuivent les travaux du naturaliste. Autour de la table, les carrelages rouges, petit à petit, ont eu à connaître l'usure résultant des longs parcours accomplis par Fabre qui circule sans fin, avant de livrer à la feuille blanche le résultat de ses méditations.

【写真】Le microscope. Don de Jean-Baptiste Dumas à J.-H. Fabre
             ジャン・バチスト・デュマからファブルに贈られた顕微鏡。
             Musée de l'Harmas - アルマス博物館。

     Il n'existe pas de hiatus entre ce cabinet de naturaliste, lieu de travail et la nature elle-même. Rares sont les hôtes vraiment prisonniers, captifs momentanés, ils reprendront bientôt leur cycle de vie. En Provence, la clarté du ciel pénètre largement par les fenêtres, souvent ouvertes et dans le cabinet de travail, depuis ces dernières, l'Harmas et les terres sont toujours accessibles au regard. Cet Harmas que, dès l'installation, la famille Fabre fit entourer d'un mur de pierre pour l'isoler des indésirables. Mais cet enclos, cet erme ou cet harmas, terre sèche livrée à la nature, est suffisamment éloigné du village pour que les insectes et tout ce qui compose la faune viennent le visiter, tel un fragment de garrigue où l'entomologiste déposera bientôt des appareils, certains garnis d'appâts que trouveront les nécrophores, coléoptères dévoreurs et fossoyeurs de charognes ou bien ceux qui verront se dérouler, comparables à ceux de Philémon et Baucis, les amours et les soins maternels du minotaure typhée, scarabée foreur de puits, au front puissamment armé.

     Pour mieux le définir, nous ne saurions être plus fidèle à la mémoire de celui qui l'établit, qu'en soulignant cet aspect de sa pensée scientifique : il voulait que les lieux d'étude soient ceux d'élection des animaux qu'il étudiait, attitude hautement écologiste avant la lettre, le travail d'observation se déroulant, faisant abstraction de l'ardeur du soleil comme de la violence des intempéries.

       同じ部屋には暖炉があって、その上にはスズメバチの古巣、大陸と海がはっきりと見分けられる凹凸のある地球儀、松ぼっくり、それにいつかファ-ブルがチクタクの音を丁度10時で止めた置時計があった。時を刻むその音は彼の思索に必要な静寂の邪魔であった。

      壁にかけられたガラスのはまったいくつかの箱には、あちこちに昆虫類やカニなどが飾られていた。部屋の真ん中にある大きな机の上は、仕事場となってからたちまちいろいろな獲物を置く場所になった。下宿人をしばらく捕らえておくために、粘土や砂の入った深鉢や皿とそれに被せる鐘型の覆いなどが置かれてあった。ここは、昆虫の習性やあらゆる生態の細部を発見するために、殺したり不動にした昆虫ではなく、いつも自然に近い状態で生きている虫を研究する所である。またこの大きな机の上には、自然から採集したものが入っている大小の容器、箱、試験管がほとんどで、申し分のない道具と言えば秤、顕微鏡、解剖道具だけであった。自然の続きであるこの仕事場は、観察を継続するための単に避難小屋であった。現在でもアルマスで見られるように、机の廻りの床の赤いタイルはひどく摩滅している。それはファ-ブルが白い紙に思索の結果を記録する前に、何度もなんども歩き廻ったためである。

      この自然科学者の仕事場と自然の間には何のギャップもない。捕らえられた下宿人がいつまでも引き留められていることは少なく、すぐに本能の生活に戻っていく。プロヴァンスの強い日差は部屋いっぱいに溢れ、ほとんどいつも開いている仕事場の窓からは、アルマスや近隣が見渡せる。ここに住むとすぐにファ-ブルはアルマスを塀で囲った。しかしこの自然で、荒れ地の乾いた土地アルマスは村からかなり離れているので、ガリッグの一部のように、昆虫や野生動物の天国である。そこにファ-ブルは虫寄せのためにもぐらの死体や家畜の糞などを置いた。甲虫目の墓掘りシデムシや兜頭の井戸掘りミツカドセンチコガネが集まってくる。

Cabinet de travail 6

【写真】L'Harmas, le laboratoire de J.-H. Fabre - アルマスのファ-ブルの研究室。
              Dans les vitrines, ses collections diverses.
              Au-dessus des vitrines, sous le plafond, les volumes de l'herbier constitué par Fabre.
             
陳列棚の中には様々なコレクションがあり、その上方には多くの植物標本が並んでいる。

      ファ-ブルは実験室という言葉を好まなかったが、このような実験室は二十世紀以前には珍しくなかったであろうが、今の私達には彼の「仕事場」は稀に見る本物の「自然科学者の実験室」だと思っている。アルマスの実験室は本物の自然を研究した好例の場所として完全に保存されている。ファ-ブルによれば実験室とは二次的なものであり、研究の場所は動物自身が選び、観察は灼熱の太陽や悪天候をものともせず戸外で行なうものである。

Fabre-Etude

【写真】J.-H. Fabre en observation, juillet 1907.
               Avignon, archives du palais du Roure.
              1907年7月、ファ-ブル、虫の観察。
              アヴィニョン、ルール宮殿古文書館。

        En partie laissé à la végétation spontanée, l'Harmas sera aussi, pour une part, un jardin. Un jardin familial à proximité de la maison, ainsi en fut-il décidé lors de l'aménagement des lieux. Rien de très exubérant sous ce climat guère pluvieux, simplement quelques arbres fruitiers ; un carré de légumes et de fleurs. Fabre fera appel à Favier, qui n'a pas son équivalent au village pour dénicher les plantes rares, pour enrichir l'Harmas de fleurs indigènes, de richesses botaniques ou mellifères que fréquentent assidûment les insectes. Il sera chargé également de planter quelques lignes de vigne lorsque J.-B. Dumas demandera à Fabre d'étudier certains aspects de la biologie du phylloxera. De même que Pasteur avait eu recours à celui qui pouvait le mieux lui expliquer la biologie de l'insecte, dont il ignorait même les rudiments, le savant académicien trouvait en Fabre à la fois un naturaliste de terrain et un authentique jardinier.

     Au-dessous du cabinet de travail, entre celui-ci et le jardin, comme s'il était besoin d'un sas pour les relier, Fabre fait installer une petite serre. Exposée au midi et prolongeant l'aile occidentale, elle abritera en hiver les plantes exotiques que, dès mars-avril, la tiédeur revenue, Favier exposera devant la maison et fera fleurir pendant la belle saison. Cette serre sera libre alors. C'est là que le naturaliste pourra isoler quelques élevages, qu'il observera les processionnaires du pin : " Mars venu, les chenilles élevées en domesticité ne cessent de processionner. Beaucoup quittent la serre, laissée ouverte ; elles vont à la recherche de l'emplacement réclamé par la prochaine métamorphose. C'est l'ultime exode, l'abandon définitif du nid et du pin. " (Série VI, "La Processionnaire du Pin - Le Papillon ".)

     Pour observer tout cela, l'entomologiste ne cesse d'aller et venir, de consulter l'animal, non là où l'observateur serait le plus à l'aise mais en priorité, et pour donner à toute question la plus significative réponse, là où l'insecte en a décidé.

       最初からファ-ブルはアルマスの一部を庭園にするつもりでいた。あまり雨の降らない気候の下では大したものは出来ないので、いくつかの果樹とわずかな野菜と花だけを植えることにした。ファ-ブルはこの村で珍しい植物に一番詳しいファヴィエーを使って、庭にこの地方の植物や、珍しい植物あるいは虫を引きつける蜜源植物を植えさせた。また、化学者デュマがヨーロッパの葡萄の木に大きな被害をもたらしたブドウネアブラムシについての研究をファ-ブルに依頼してきたので、アルマスに葡萄も植えた。蚕を全然知らなかったパスツール同様、アカデミー・フランセーズの会員であるデュマも実地の自然科学者ファ-ブルに助けを求めてきた。

       ファ-ブルは仕事場の下の階に隣接した場所に南向きの小さな温室を作らせた。冬にはそこに外国の温暖植物を避難させて、3・4月の暖かくなった頃に、ファヴィエーはそれらを出して家の前に並べると花は夏中咲き続けた。温室が空くとすぐファ-ブルは、松のギョウレツケムシを囲って飼育し、観察を始めた。《3月になると、飼育していた毛虫はひっきりなしに行列をしている。多くは開けておいた温室を出て、まもなくの変身のために必要な場所探しに出ていった。永久に戻ることのない松と別れてのこれが最後の大移動だ...》(6巻、「松の行列毛虫  ー  蝶」)。

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【写真】【左 à gauche】Ouvrière d'abeille butinant une fleur de ciste en compagnie d'un coléoptère.
                Cistus incanus【ハンニチバナ科】の花の蜜を吸う  Apis mellifica L.【セイヨウミツバチ】の働き蜂とコオロギ。
                 L'Harmas, juin 1984 - アルマス、1984年6月。
              【右 à droite】Jardin de l'Harmas : le bassin aux nénuphars -アルマスの水蓮の池。

                【64】

     Ainsi peut-on imaginer, à la période des plus vibrantes éclosions, une journée du naturaliste. Alors qu'apparaissent les premières lueurs de l'aurore, Fabre quitte la chambre qu'il occupe au premier étage et descend à la cuisine pour boire un café, allant et venant dans la pièce, absorbé par ses réflexions, il sort le chien Tom. Ils font le tour de l'Harmas. Avec l'arrosage que Favier a dispensé la veille, un peu de condensation nocturne aidant, les aiguilles sèches des cyprès et des cèdres exhalent. Tom doit marcher au pied, se garder de courir en avant, de crainte d'effaroucher un couple de huppes nichant tout près de là. Au fond de l'Harmas, se trouve un tas de grosses bûches qui, l'hiver venu, serviront à garnir la cheminée ; mais à présent y logent quelques-uns de ces énormes hyménoptères, les xylocopes violacés, habillées de velours noir et dont les ailes ont des reflets bleutés. La mère a-t-elle déjà amorcé le creusement des galeries, des couloirs gros comme le pouce ? Oui sans doute, puisque de la sciure fraîche s'est accumulée à l'entrée du tunnel. Il faudra revoir cela sans être embarrassé par Tom, cet intrus. Ils se rapprochent de la maison. Aglaé apparaît à la fenêtre, appelant Tom dont elle a le privilège d'être la favorite.

     Avant de sortir de l'Harmas, Fabre monte pour un instant au cabinet de travail. L'hiver écoulé, des élevages ont commencé à éclore dans les terrines. Les effluves qui émanent de la nourriture un tantinet putride ne sont pas particulièrement flatteurs. Des mouches, des assainisseuses apparaissent en ce moment, des lucilies, diptères à l'éclat métallique vert doré contrastant de façon saisissante avec de même que les buprestes et les cétoines, coléoptères floricoles eux aussi aux couleurs métalliques et rutilantes, avec la décomposition dont ils émergent tous.

     Il faut redescendre, après avoir emporté loupe, serpette dans la gibecière, sans oublier quelques figues sèches au cas où se prolongerait un peu tard l'expédition. Le soleil s'élève dans le ciel et ses rayons réchauffent déjà les thyrses des lilas. Dans les grappes fleuries se presse toute une faune. C'est le mois d'avril en plein éclat, il n'est nul espace où depuis le premier matin jusqu'au crépuscule, ne se déroule dans la fièvre quelque frémissante pariade. Il y a là butinant tour à tour dans le creux de chaque corolle : abeilles antophores que poursuit leur parasite pourtant proche parent, le sombre mélecte, les osmies, autres abeilles habillées de noir et de rouge, toutes saupoudrées de pollen qu'elles entassent tout près dans les roseaux ; les mouches éristales dont les ailes miroitent dans la pleine lumière, les guêpes sauvages et frêles dites polistes, les abeilles domestiques... Fabre franchit le petit portail de l'Harmas et se dirige vers les collines. Même s'il n'est pas nécessaire d'aller bien loin pour pénétrer dans les régions que n'ont guère bouleversées les cultures, il convient de rejoindre les reliefs un peu élevés, dans la direction du Ventoux.

      孵化が頂点に達する時期のファ-ブルの忙しい一日を想像してみよう。曙の光が表われ始めると、ファ-ブルは二階の寝室を出て台所に降るとコーヒーを飲みながら行ったり来たりして思索にふける。やがて犬のトムを連れてアルマスを一回りする。昨日ファヴィエーが水を撒いておいた上に夜露が降りたので、イトスギとシーダーの針葉が樹脂の快い香りを醸し出している。そこにはヤツガシラの夫婦が巣を作っているので、ファ-ブルはトムに走ることを禁じていた。アルマスの奥まった所には、冬になると暖炉で焚かれる太い薪が積まれているが、今はそこに、巨大な膜肢目のクマバチが住んでいた。彼らは黒いビロードの服に紫色がかった羽を持っていた。トンネルの入り口に挽かれたばかり鋸屑が積まれているのをみると、もう母虫は親指ほどもある太さのトンネルを掘り始めたのだろう。この邪魔もののトムをおいて、また見に来なければならない。彼らは家のほうに戻っていった。トムの気に入りのアグラエが窓に現われて犬を呼んだ。

p 64 Ruche expérimentale

【写真】Ruche expérimentale construite par Fabre pour observer les osmies.
              ツノハキリバチを観察するためにファ-ブルが作った実験的巣箱。
              Musée de l'Harmas - アルマス博物館。

      外へ出かける前にファ-ブルは仕事場にちょっと上がっていった。そこには飼育中の虫が冬が終ったので皿の中で孵化し始めていた。少し腐りかけた餌は不快な臭いを放っていた。今は清掃屋のキンバエが孵化し始めている。金属的な光沢のあるタマムシやハナムグリ同様、このキンバエも金緑色の金属的な輝きは、出生の腐敗場所とは大きなコントラストをなしている。

      虫眼鏡と小さな鎌、それにもし遠足が長引いた場合の干しいちじく少々を革袋に入れて、もう出かけなければならない。日はすでに高くリラの花を暖めている。リラの房の中にはあらゆる虫がうごめいている。4月、どこを見ても夜明から夕暮れまで熱っぽい求愛で沸き立っている。どの花冠にも次々といろいろな虫が採餌に表われる。スジハナバチやそれを追う近親で宿敵のナキハナバチ、近くの葭に詰める花粉を集めている粉だらけの赤と黒の服を着たツノハキリバチ、光りにきらめく羽のハナアブ、アシナガバチ、ミツバチなどが順々に訪れている。ファ-ブルはアルマスの門を通って丘の方へ歩いて行く。人間がまだ手を付けてない自然に入るためにわざわざ遠くまで行く必要はないが、それでもヴァントゥ山方面まで少し登って行かなければならない。

       L'entomologiste progresse parmi les champs de vigne. Il va à ce rythme  qui permet un regard attentif sur tout ce que l'on croise ; aussi bien le vol d'une alouette que celui d'un criquet ou la course d'une jeune perdrix. A ses pieds en foulant les pierres qu'ont tassées les récentes pluies, tinte un son inaccoutumé : celui d'une pièce antique, une pièce de monnaie abrasée par le temps. Fabre la glisse dans la poche de sa veste où se trouve déjà le carnet de notes serré par une ficelle. Le pas se ralentit ; dans le dos du naturaliste, Sérignan apparaît au loin bien petit, estompé dans la plaine que recouvre encore une légère brume. Il reprend sa marche, car il faudrait trouver la chenille de l'arbousier aux poils si urticants, certainement sur le point de sortir du nid.

p 65 【写真】J.-H. Fabre observant dans l'Harmas - アルマスを見廻るファ-ブル ( in Legros ルグロから)。     Pour l'instant, les carlines, chardons démesurés, semblent seules offrir quelques gibiers, au niveau de leurs fleurs en corymbes, aliment et gîte de gros charançons dits larins que les prochains jours d'été feront éclore. Il faut maintenant aller plus haut, vers ces pentes ensoleillées qui semblent marquer une étape de la végétation méditerranéenne avant la rencontre de flores plus septentrionales.

     L'étage des arbousiers, dont on alimente tant de fours, le naturaliste l'a parcouru maintes fois, même en hiver alors que tout au long des mois d'été, les chenilles du bombyx ont brouté le feuillage de l'arbre. Il connaît les oeufs de cette espèce regroupés à la surface des feuilles dans leur abri moelleux, et dont l'éclat a le reflet du métal avant l'éclosion, en septembre. Avant les premiers froids, les jeunes chenilles de l'arbousier du genre alors nommé Liparis se regroupent en boules cimentées de soie blanche, à l'extrêmité des rameaux. Elles donneront plus tard un joli papillon de nuit blanc de neige aux antennes empanachées. Fabre les verra-t-il maintenant, sortant de leur torpeur pour reprendre leur rôle de dévastation ? Surtout, il voudrait expérimenter, sur lui-même s'il le faut, pour savoir leur réelle virulence, car dans le pays, on redoute au plus haut point ces maudits fagots  chargés de brûlante productions. Il marche pendant plusieurs heures. Il n'y a plus d'arbouses, maintenant pour nourrir les merles, aujourd'hui ; des lapins courent en louvoyant dans les collines. Soudain, les arbousiers dénudés apparaissent puis, un peu plus loin, les chenilles du bombyx émergent des nids luisants. Dans une boîte percée de trous, Fabre en place une demi-douzaine ; quelques rameaux de l'arbuste parmi ceux encore feuillus sont placés au fond du sac. C'est plus qu'il n'en faudra pour étudier ce problème des chenilles urticantes. Car, avec la poussière des brisures de pilosités que fait voler le souffle du vent, cette engeance empoisonne tout le monde à la ronde. Mais il est convaincu que, virulente, une substance nocive de cette espèce doit être véhiculée dans des excréments. Fabre a dès lors en poche de quoi progresser dans son expérimentation. Il y a tant à voir en cette sorte d'herborisation sur le chemin, pas à pas, mais le ciel semble se couvrir à l'ouest. Une courte pause pour manger quelques fruits secs et mâcher aussi quelques feuilles d'oseille sauvage, l'acide Rumex, qui stimule et trompe la faim. Fabre reprend le chemin du retour, plus rapide en redescendant vers les vignes. Les nuages s'illuminent à l'horizon de balayures roses, puis violacées. Le soleil est encore haut à l'horizon lorsque apparaissent les maisons de Sérignan. Fabre rejoint son cabinet de travail, délivre le contenu de sa besace, tourne un moment autour de la grande table puis s'installe devant une feuille blanche à sa petite table.

  La petite table de Fabre   Car, cette petite table, c'est l'aboutissement de toutes les heures fécondes de cette existence. Le carnet de notes, sur lequel une fine écriture progresse un peu plus chaque jour, partant de la première page ou bien de la dernière, c'est la source de tout ce qui alimentera, en grande partie, les Souvenirs entomologiques. Assis à sa petite table, celle qui, à Carpentras déjà, puis à Avignon et à Orange, a permis la naissance de tant et de tant de pages de livres pour tout public, pour se détendre, Fabre compose, dessine la dernière découverte, écrit ou encore versifie en français ou en provençal. Il est ici dans le monde qu'il a bâti à sa parfaite convenance, où quantité d'évènements de la vie, les interrogations les plus grandes et les questions les plus graves, sont rapportés ; tous reviennent toujours à sa petite table, celle qui l'accompagnera jusqu'au soir de sa vie. Sans doute ne verra-t-on jamais chez un écrivain une disproportion plus grande entre la hauteur des vues, l'immensité des sujets abordés, jusqu'à ceux qui décrivent le ciel, et la dimension de la petite table, cette planchette de bois sur laquelle avec cent autres ouvrages, il écrivit les quatre mille pages des Souvenirs.

 【写真】J.-H. Fabre à sa petite table de travail - 小さな机に座るファ-ブル。
Avignon, archives du palais du Roureアヴィニョン、ルール宮殿古文書館。

     Là aussi, la saison venue, à l'automne surtout lorsque les moeurs des insectes accaparaient moins longuement l'observateur, Fabre s'installait devant une feuille blanche, " promenait le pinceau ", disait-il, dessinant des champignons récoltés aux alentours ou bien que son fils Émile lui envoyait des montagnes de Sallanches : silhouettes aux couleurs sombres des cèpes ; coupes bleuissantes du bolet Satan ; noir profond et ruisselant des coprins ou bien noir pruineux des cornes d'abondance ; Rouge orangé éclatant des amanites des Césars... C'est encore là sur la petite table qu'au fil des années, sera composée une infinité de lavis propres à faire découvrir ces si fragiles flores.

     La pendulette ne sonne plus les heures mais chaque instant est largement inscrit dans l'éclat du ciel ou dans sa pâleur entrevue par les fenêtres du cabinet de travail. La courtilière a commencé à égrener ses notes aiguës dans la fraîcheur des herbes de l'Harmas. Fabre descend à la salle à manger, la lueur de la lampe à pétrole suspendue au plafond éclaire largement la table. Antonia a servi la soupe au lard ; le fumet d'une daube se répand dans la maison. On l'arrose de vin, de ce vin rouge que l'on fait au village. On commente la journée qui fut une riante journée de printemps, et le sommeil gagne les uns et les autres. Émile, puis Claire et Antonia, enfin Aglaé et madame Fabre montent à l'étage. Les fenêtres là-haut s'éclarent d'une faible lueur, puis s'éteignent. Fabre resté seul, se lève de table, prend connaissance du courrier du jour, va à la porte ; il se rapproche de l'allée aux lilas pour en respirer une fois encore les enivrantes exhalaisons, s'engage jusqu'au bassin et contemple un long moment le ciel redevenu clair grâce au mistral, identifie alors les constellations scintillantes. Demain, au premier jour, il complétera un nouveau chapitre de son carnet de notes, pour lequel, avant son sommeil, il aura déjà conçu les premières pages.

     Ainsi, fiévreuse aux beaux jours, l'observation est néanmoins permanente. Sans doute bien des fois, là en gravissant les collines peuplées d'insectes aux alentours de Sérignan ou ailleurs en bien des circonstances, Fabre aura pu, mieux que quiconque, exprimer combien il n'est guère de commune mesure entre les connaissances pouvant être acquises de façon théorique, dans le cadre d'une école ou d'un laboratoire, et l'observation directe de la nature, parmi ses composantes en nombre infini, dont peut s'imprégner l'esprit humain, depuis les premières heures de l'aube jusqu'au cours de la nuit. Désormais affranchi de toute contrainte, Fabre, sans trêve, découvrira et racontera le bonheur de la science. Il nous fera alors connaître l'âpreté, la patience que l'observation exige, mais aussi, la rêverie. Ce qu'il nous a donné constitue le parfait antidote à un enseignement scientifique desséché, transmis uniquement par la voie livresque, sans jamais avoir été vécu.

      ファ-ブルは葡萄畑をゆっくり通って行った。この歩調だとヒバリやバッタや若いヤマウズラなど行き合うすべてを見ることができる。足の下で雨にたたかれた砂利が不思議な音をたてた。見るとそれは摩滅した古代の硬貨であった。ファ-ブルはそれを拾うと上着のポケットの紐で括った観察日誌の脇に滑らせた。歩みを止めて振り返ると、ファ-ブルの後方には朝の靄の中に小さくなったセリニャンがかすんで見えた。再び歩き始めた彼は、やまももに似たアルブートスの木に発生する毛虫を見つけるつもりでいた。刺されると火傷のような痛みのあるこの毛虫を、この地方の特に薪取りの人々は恐れていた。ファ-ブルはそれを自分の体で実際に確かめて見るつもりであった。この毛虫はもうそろそろ巣を離れるころである。

      今のところ昆虫に食料と宿を提供しているのはチャボアザミ属だけであり、その花序の中には、孵化のために夏を待っている太っちょのゴボウゾウムシがいた。もっと高いところまで登らなければならない。日当たりのよいその斜面までは地中海性の植生であるが、それから先は北方の植物ばかりである。

      時々丘のうえを野兎がジグザクに跳ねていくのが見える。数時間も歩いたのち、やっと最初のアルブートスが見えてきた。この時期にはツグミの好物のこの木の実は残っていない。この地方で薪としてよく使われるアルブートスの茂るこの区域へは、ファ-ブルは冬でさえも何度も来ていた。アルブートスの毛虫は夏の間中葉っぱを食んでいる。彼はこの蛾の卵をよく知っていた。それは葉っぱの上に作られた厚くて柔らかい巣の中に生みつけられ、9月になると孵化が始まる。寒さが来る前にカレハガ属のこの孵化した毛虫たちはみんな小枝の先に集まって、編目だけになった葉に白い絹糸を巻きつけて冬の住家を作る。のちこの毛虫が、触角に羽飾りのある白雪のような美しい蛾に変身する。もう三月なので冬眠から覚めた空腹のこの蛾の幼虫たちが、葉っぱをむさぼり食っているところに行き合うのではないかと思っていた。やはりいた!少し先にある枯れ木立の艶やかな巣から毛虫が出てくるのが見えた。穴をあけた箱に半ダースほどこの虫を取ると、まだ葉の残っているいくつかの小枝と一緒に袋の底に入れた。体毛の粉屑が風に舞うだけで、その辺一帯に大変な毒を撒散らすと忌み嫌われているのであるから、研究にはこれだけで十分の数である。ファ-ブルはこれほど強烈な毒は虫の排泄物に濃縮しているはずであると考えた。この採集によって彼は十分に実験を進めることができるはずである。この遠足には一歩毎に多くの発見があったが、西の空が曇ってきたので帰ることにした。ちょっと一休みをして干しいちじくを食べると、回復作用のあるスイバの葉を2・3枚噛んだ。帰り道は下り坂なので葡萄畑までは早かった。セリニャンの家が見えてきたころになっても日はまだ高かった。仕事場に戻ったファ-ブルは、袋の中身を空けると、大きな机の周りを何度か廻っていたがやがて、小さな机に座ると一枚の白い紙を出した。

Fabre observant 2

【写真】J.-H. Fabre observant dans l'Harmas - アルマスを見廻るファ-ブル。
              ( in Legros ルグロから)。   

      この小さな机の上は彼の人生の充実した時間の集大成の場であった。ファ-ブルの有名な観察日誌はこの机の上で毎日、頁の初めあるいは前頁の終りからきれいな細字で書かれ、それは日ごとに長くなっていった。この観察日誌は大半が昆虫記の根底となった。カルパントラの時代から、アヴィニョン、オランジュ、アルマスまでファ-ブルと一緒であったこの小さな机で、彼は何頁にも及ぶ本の執筆をしたり、くつろぎに作曲したり、最近の発見を絵を描いたり、フランス語やプロヴァンス語の詩を書いた。ここに座ってファ-ブルは自分の感性と調和を持った世界を築いていった。人生の多くの出来事や重要な疑問のすべてが集結したこの小さな机は晩年まで彼の同道者であった。この小さな机と、虫から宇宙までの雄大な世界の記述というコントラストがこれほど著しい作家も他にはいない。この小さな板の上で4000頁もの「昆虫記」が書かれたのである。

 

p 66 cortinaires

p 66 boite aquarelle Fabre

 

【絵】【左 à gauche】Cortinaires フウセンタケの一種。
           【右 à droite】La boîte d'aquarelles avec lesquelles Fabre exécuta ses planches de champignons
            ファ-ブルがきのこ図版を描いた絵の具。
            Musée de l'Harmas - アルマス博物館。

      秋になって昆虫の観察に少しひまができると、ファ-ブルは白い紙に向かって近くで採集したり、息子のエミールが高地のサランシュから送って寄越したきのこを、彼が言うところの”筆を遊ばせ”ながら、黒っぽい輪郭のヤマドリタケ、アイゾメイグチの青い断面、漆黒のしたたり落ちるようなヒトヨタケ、蝋粉に覆われた黒ラッパタケ、鮮やかなオレンジ色のタマゴタケ...などを描いたのもこの机であった。また、長年にわたって描き続けられたきわめて繊細な植物の淡彩画もやはりこの上であった。

      もう振り子時計は時を告げないが、仕事場の窓から見えるその時その時の空の輝きや光りの陰りによってファ-ブルは時間を知ることができる。庭の草叢の中ではケラの高い音の調べが始まっている。ファ-ブルは食堂に降りていくと、天井から下がった油ランプの明るい光がテーブルを包んでいた。長女のアントニアがみんなに豚脂のスープをついでいた。蒸し煮の肉の香りが家じゅうに漂っている。この村でできた葡萄酒を飲みながら食事は始まった。家族はこの春の楽しい一日のできごとをおしゃべりし合った。やがて眠気が襲ってくるとエミール、次にクレールそしてアントニア、最後にアグラエとファ-ブル夫人が順々に二階へ上がっていった。二階の窓がわずかに明るくなり、やがてそれも消えてしまった。一人残されたファ-ブルは、立ち上がって今日の郵便を読むと外へ出た。甘い香りを吸いながらリラの小道を池まで歩いて行った。ミストラルに掃き清められた空を長い間眺めながら、またたく星座をあれこれ識別した。やがて明朝早くメモ帳に書くつもりの章の出だしが頭に浮かんだ。

      観察は一年中休みなく続けられるが、特に春の日々は多忙をきわめた。学校や研究室での理論的な知識の吸収と、自然の現場で朝から夜までの間に人間の知性が無限の現象を同化できる実際的な観察とは大きな隔たりがあった。それをファ-ブルはセリニャンの周辺の昆虫がたくさんいる丘や他の所で実感した。教職から解放されたファ-ブルは自然の不思議を発見したり、その喜びを人に伝えることを続けていった。観察には厳しさと忍耐が要求されるが、また想像を掻き立てる世界でもあった。ファ-ブルの作品は机上の学問である科学教育にはぴったりの解毒剤である。